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Balzac's

Loop : faire du bon avec du moche

Un bon jus frais produit avec des fruits qui allaient être jetés, ça vous dit?

Photo: Balzac’s

Ou alors une petite bière faite avec du pain destiné à la poubelle?

Bienvenue dans l’univers de Loop, une entreprise du futur!

Photo: Félix

Vous avez peut-être déjà consommé leurs produits sans savoir qu’ils étaient faits à partir de matière destinée à la poubelle! Les produits Loop sont beaux, ils sont bons, ils sont moins chers que la compétition… et ils contribuent à sauver la planète.

Photo: Félix

Créée en 2016, Loop produit des jus frais à partir de fruits qui étaient destinés à prendre le chemin des ordures, ainsi que des bières brassées à partir de pain perdu dans les boulangeries.

Saviez-vous que 56% de tous les fruits et légumes produits ou importés au Canada sont jetés plutôt que consommés?

Et dire que 86% de tout cela est dû à l’industrie alimentaire en général; de la ferme, au distributeur, au transformateur, à l’épicerie. Donc, ce n’est pas juste le consommateur qui est responsable du gaspillage alimentaire…c’est même principalement l’industrie.

Si le gaspillage alimentaire était un pays, ce serait le 3e plus grand émetteur de gaz à effet de serre (GES) après la Chine et les États-Unis. On pense toujours aux véhicules, aux avions ou aux usines qui produisent des GES. On se dit que les déchets alimentaires se décomposent facilement et ne causent pas trop de dommages à la planète… mais on a tort. Les tonnes de déchets alimentaires qui aboutissent dans les sites d’enfouissement chaque jour qui produisent qui contribuent sans aucun doute aux changements climatiques.

Loop a compris tout ça, et y a vu une opportunité d’affaires. Au-delà de sa marque, l’entreprise cherche à «créer de la valeur à partir de pertes». C’est le principe même de l’économie circulaire et on adore.

« On a une grande vision qui est de réduire le gaspillage alimentaire. On regarde les problèmes de surplus alimentaires industriels et on essaie de trouver des solutions. »
David Côté, cofondateur de l’entreprise Loop

Photo: Sylviane Robini

Non, ils ne vont pas fouiller dans les poubelles de votre voisin, et ne prennent pas non plus les aliments avec de la barbe laissés pour compte sur les tablettes de votre marché du coin. Ils collaborent avec les gens de l’industrie pour sauver les produits encore parfaitement consommables et rejetés avant même de se rendre dans les épiceries.

5 questions aux fondateurs de Loop

Photo: Sylviane Robini

1.Où pouvons-nous trouver vos produits?

Nous sommes presque partout! IGA, Métro, bientôt Costco pour la bière, les dépanneurs spécialisés, Avril, etc.

2. Après les jus avec les surplus de fruits frais, les gâteries pour chiens avec les surplus de pulpes et les bières avec les surplus de pain frais, quels sont les prochains produits que vous comptez introduire sur le marché?

Ce sera au tour du Gin fait avec des surplus de patates de l’entreprise de croustilles québécoise Yum Yum. C’est 1,5 tonne de retailles de patates de parfaite qualité qui se retrouve aux poubelles chaque semaine, et qui pourra être utilisée pour produire notre gin.

3. Vous avez cofondé Crudessence, Rise, et ensuite Loop… quel est votre prochain rêve entrepreneurial?

On ne voit pas de limite à notre expansion avec Loop comme solution au gaspillage alimentaire. On compte se déployer partout dans le monde dans toutes les grandes villes. D’ici 2 à 3 ans, on aimerait qu’il y ait un produit Loop dans chaque département des épiceries, un peu partout dans le monde. On veut que les gens voient Loop comme un gage d’économie circulaire et non un produit en particulier.

4. Vous êtes un couple en affaire dans la trentaine avec des projets environnementaux écoresponsables. Prévoyez-vous avoir des enfants (sachant qu’avoir des enfants nuirait à la planète[1])?

On se pose souvent la question. On a vraiment envie d’avoir des enfants. On regarde l’adoption, c’est sûr, mais ça coûte cher. J’aimerais avoir des enfants qui grandissent avec des valeurs de protection de notre environnement et en faire des acteurs de changement.

5. À part consommer vos produits, quels gestes pourrions-nous faire pour avoir le plus d’impact pour sauver la planète comme consommateurs?

Aller à l’épicerie plus souvent et faire de moins grosses épiceries. Acheter selon nos besoins pour moins gaspiller. Être moins sélectif quand on choisit nos fruits et légumes, car quand le consommateur les manipule trop, les fruits et légumes finissent souvent par prendre le chemin des ordures.

Et surtout, réfléchir aux déchets qu’on produit dans son milieu de travail. Comment influencer ses proches, ses collègues et son patron pour voir où sont les surplus/les déchets dans notre organisation et trouver une façon pour les transformer en ressources pour quelqu’un. Et il ne s’agit pas seulement des déchets alimentaires, mais aussi des espaces, des stationnements, etc. Il faut moins tenir pour acquises les choses qui nous entourent et les voir plutôt comme des ressources potentielles à exploiter. C’est réellement un nouveau regard à adopter.

On utilise plus de ressources que leur temps de renouvellement. Donc tôt ou tard, on s’en va dans un mur. Les ressources deviennent de plus en plus rares alors on n’aura pas le choix dans les prochaines années de se tourner vers des solutions comme Loop.

Photo: Sylviane Robini

Alors au jour le jour, rappelons-nous seulement que les choses ont une valeur.

Et pour tous les entrepreneurs en quête d’idées, rappelez-vous qu’il y a de l’or dans nos déchets.

[1] Selon une étude américaine relayée par l’AFP, avoir un enfant de moins serait le moyen le plus efficace pour limiter le rejet de gaz à effet de serre.  Monkey Business Images/Monkey Business – stock.adobe.com

Loop : faire du bon avec du moche