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Photo de Ellieelien sur Unsplash

Dépression et anxiété: et si le contenu de notre assiette pouvait nous aider?

Je vous présente un nouveau must pour votre librairie scientifique! L’ouvrage Anxiété, dépression, sommeil: la révolution nutrition (This is Your Brain on Food) – de la Dre Uma Naidoo est maintenant offert en français au plus grand bonheur de ceux et celles qui désirent mieux comprendre comment l’alimentation joue un rôle primordial pour leur santé mentale.

La Dre Naidoo est à l’origine du programme de psychiatrie nutritionnelle et mode de vie à l’hôpital général du Massachusetts, une première du genre aux États-Unis. Elle fonde ses recommandations sur une panoplie d’études fascinantes.

L’idée fondamentale de la psychiatrie nutritionnelle étant que notre alimentation peut devenir l’une des clés pour le traitement de notre santé mentale. Un exemple? «La sérotonine, substance chimique qui fait défaut chez les gens déprimés et anxieux, joue un rôle important dans la régulation de l’axe intestin-cerveau; c’est l’une des substances chimiques dont on parle le plus en raison du rôle qu’elle joue dans l’humeur et les émotions. Mais saviez-vous que plus de quatre-vingt-dix pour cent des récepteurs de sérotonine se trouvent dans l’intestin?»

Son propos est sans équivoque:

« Jusqu’à ce que nous ayons réglé nos problèmes alimentaires, aucun médicament ou psychothérapie ne viendra à bout de la vague de maladies mentales qui déferle sur notre société. »

La branche de la psychiatrie nutritionnelle en est encore à ses balbutiements. Ce qui la distingue essentiellement, c’est non seulement l’intégration de certains types d’aliments dans une diète qui se veut un traitement pour la condition mentale, mais aussi une refonte de notre style de vie autour de l’alimentation saine.

L’innovation toute particulière de Naidoo est son triple bagage: psychiatre formée à Harvard et diététicienne, elle est aussi une chef passionnée! Pour se détendre de son travail de psychiatre, Naidoo a pris des cours à la Cambridge School of Culinary Arts. Aujourd’hui, ses clients sont toujours surpris de voir à quel point elle donne de l’importance au plaisir de la table en leur offrant de délicieuses recettes en récompense pour leurs efforts. Il y en a plusieurs dans le livre d’ailleurs. Il y a de quoi se remonter le moral!  

L’histoire de cette femme dont les parents sont originaires de l’Inde est fascinante. Il y a quelques années, Naidoo est passé à travers un cancer virulent. Pendant les seize mois de chimiothérapie et de radiothérapie, elle a pu expérimenter personnellement les bienfaits de la nutrition. Elle raconte dans son livre que l’équipe qui la traitait lui demandait à chaque visite ce qu’elle avait dans sa boîte à lunch, qui contenait toujours un smoothie constitué de yogourt riche en probiotiques, de lait d’amande, de petits fruits, de kéfir et de chocolat noir. Tout au long du traitement agressif, elle s’est sentie étonnamment en santé et a trouvé des façons de maintenir son énergie. Pendant son traitement, elle a entre autres diminué le café, renoncé au vin, mangé des fruits frais et cuisiné des soupes aux lentilles et aux épinards. Elle se confectionnait de délicieux chocolats chauds thérapeutiques comme récompense après ses traitements. Peu à peu, elle a réussi à réintégrer la marche rapide entre les traitements pour faire monter son taux d’endorphines. Elle a constaté que malgré tout, sa santé mentale s’améliorait, parce qu’elle suivait les recommandations qu’elle faisait à ses patients.

On le sait bien, manger sainement est un incontournable. Ce qui est nouveau, c’est de découvrir à quel point notre alimentation est intrinsèquement liée à notre santé mentale, quitte même à lui nuire. Que la connexion intime entre notre intestin, notre microbiome et notre cerveau est non seulement extrêmement complexe, mais importante à comprendre pour gérer et traiter les nombreux troubles de maladies mentales.

Prévention, traitement, maintien de la santé, au-delà de l’impact de notre alimentation sur notre forme physique, il est maintenant démontré que ce que nous mangeons a un effet positif (ou dévastateur) sur notre santé mentale. 

L’ouvrage inspire à ajouter à son alimentation des éléments qui aideront à renforcer notre microbiome, des aliments, des épices et les herbes qui ciblent notre condition de par leurs vitamines, leurs minéraux, leurs teneurs en prébiotiques ou probiotiques, etc. ainsi que le plus de produits complets, idéalement cuisinés chez soi afin d’en connaître l’intégrité. 

Sans étonnement, le livre nous incite aussi à limiter grandement: sucres raffinés ou artificiels (édulcorants), aliments transformés, gras trans, malbouffe, pour ne nommer que ceux-ci. L’équipe de Mitsou Magazine tient à préciser que les troubles alimentaires font partie des aspects importants à surveiller pour prendre soin de sa santé mentale et qu’aucun aliment selon nous ne devrait être considéré comme interdit. Voici tout de même quelques données qui ont particulièrement retenues mon attention.

Nitrates:

On les utilise comme agents de conservation et rehausseurs de couleur dans certaines charcuteries. Ils peuvent être présents dans le bacon, les saucisses, le salami et autres viandes froides. Le problème? Son lien avec la dépression et le trouble bipolaire. Des études récentes laissent entendre que les nitrates peuvent modifier la flore intestinale de façon à mener à ces troubles.

Probiotiques:

« Certaines espèces de bactéries intestinales ont la capacité de faire augmenter dans le cerveau les taux de substances chimiques, telles que l’acide 4-aminobutanoïque, qui peuvent accélérer le soulagement de la dépression et d’autres troubles de santé mentale. »

Même si les probiotiques peuvent être consommés sous forme de suppléments, Dre Naidoo spécifie qu’il est préférable de les intégrer au moyen de notre alimentation. Yogourt (contenant des cultures actives et sans sucre ajouté), choucroute, kéfir, miso et kimchi, voici quelques aliments à consommer pour bénéficier de cultures bactériennes actives et naturelles qui sont excellentes pour le cerveau et l’intestin.

Libido:

Si l’utilisation d’antidépresseurs peut avoir un impact important sur notre libido, notre alimentation aussi. 

« Là encore, la flore intestinale est intimement liée à la modulation de la libido, en raison de son rôle dans la production de ces deux hormones sexuelles: l’oestrogène et la testostérone. » 

Ainsi, la prise de médicaments et une diète non-idéale affectent notre microbiome au point d’être des facteurs influents sur notre santé sexuelle aussi.

Ce qui me semble particulièrement fascinant de la psychiatrie nutritionnelle, c’est que l’alimentation pourrait non seulement devenir un incontournable pour le traitement des maladies mentales, mais aussi un moyen de prévention pour plusieurs de ces conditions.

Par exemple, pourrait-on éventuellement réduire le nombre de diagnostics de dépression en remédiant aux troubles de sommeil via l’alimentation et la gestion du stress? Peut-on ralentir le déclin d’une personne atteinte de démence? Voir enrayer certaines de ces conditions avant même qu’elles apparaissent? Il est pertinent de se poser la question.

Si on veut bien manger pour notre santé mentale, il faut être éduqué sur ce qui nous convient, savoir comment cuisiner les aliments clés pour notre condition, prendre le temps de cuisiner, etc. Ainsi, l’ouvrage de Dre Naidoo est définitivement un incontournable dans les approches nouvelles pour le traitement des problématiques de santé qui propulse parfois des déséquilibres au niveau de notre santé mentale et globale.

Photo: Audrey Béliveau

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