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Frédérique Dufort nous présente son guide de survie parfait pour faire face à l’adolescence

La comédienne Frédérique Dufort a conçu le guide de survie parfait pour faire face à l’adolescence. Votre curiosité est piquée, avouez!

Eh oui, Fred Dufort (que vous reconnaissez sûrement grâce à son rôle dans Unité 9) mijote depuis l’âge de 14 ans une super potion de confiance en condensé pour appuyer et encourager les ados à croire en eux; un outil essentiel qu’elle aurait bien aimé avoir elle-même sous la main lorsqu’elle traversait sa période très ingrate de l’adolescence! Âgée aujourd’hui de 22 ans, l’actrice et auteure nous dévoile aujourd’hui son premier livre, Fais-le pour toi!, aux Éditions de la Bagnole. Rempli de conseils, de témoignages et d’anecdotes personnelles, ce livre aidera en grand à développer la confiance des jeunes. D’ailleurs, Fred a tellement aimé écrire son premier bouquin qu’elle songe déjà à en écrire un deuxième…

Tu viens de lancer ton tout premier livre, est-ce que tu peux me le présenter?

C’est vraiment un livre que je tisse depuis que j’ai 14 ans. Je dis que c’est un guide-flash, un outil-flash, recueil-flash; les gens l’appelleront comme ils le voudront, parce que je ne veux pas imposer mon opinion ni mes conseils, mais c’est un peu ce que j’aurais voulu avoir quand j’étais jeune. Je dirais que c’est aussi comme un classeur avec toutes les expériences que mes amies et moi avons vécues, rassemblées en un livre où les jeunes (et les moins jeunes) vont pouvoir se retrouver. C’est un peu comme avoir une amie, une personne de leur âge, qui peut mettre des mots sur leurs émotions, leur faire comprendre la façon dont ils se sentent et pourquoi ils se sentent comme ça. Parfois, leur donner des conseils, parfois des solutions, mais surtout les accompagner dans une période de leur vie où on dirait qu’ils sont souvent très isolés et très perdus, et qu’ils ont l’impression que leurs problèmes, ils les vivent seuls… ce qui fait que des fois, ils se sentent moins bien, oubliés ou un peu différents. Donc, c’est vraiment pour montrer aux jeunes qu’ils ne sont pas tous seuls dans cette période-là et leur expliquer aussi un peu le cadre des générations, parce que nos parents nous disent souvent «nous, dans notre temps…», et aujourd’hui, avec l’arrivée des réseaux sociaux et tout ça, on dirait que tout va plus vite. T’sais, les jeunes de 14 ans, ils ne vivent pas du tout ce que j’ai vécu à 14 ans. Et je veux expliquer ça aussi aux parents, pour qu’ils aient une meilleure compréhension des deux générations.


Tu as commencé à écrire Fais-le pour toi! à l’âge de 14 ans, tu en as aujourd’hui 22! Qu’est-ce qui a fait en sorte qu’il a pris autant de temps à réaliser?

Au départ, j’ai commencé à écrire ça pour moi. J’avais besoin de conseils. Je me disais que j’avais peut-être des amis ou des jeunes de mon âge qui en voulaient aussi. En commençant à l’écrire, je n’avais pas la même perspective, j’étais un peu occupée, et un moment donné, j’ai aussi mis le projet de côté… finalement, vers 18 ans, j’ai retrouvé cette envie d’écrire pour cette génération-là, cette jeunesse-là, parce que je faisais beaucoup de conférences dans les écoles et je réalisais que tout ce dont ils avaient besoin, c’était d’une plateforme pour parler. Souvent, c’est justement qu’ils restent silencieux, parce qu’on ne leur donne pas la chance, on ne les écoute pas. Je voulais les écouter et je voulais leur rendre ce service-là, de moi, dire les choses, et qu’EUX puissent en tirer quelque chose de bien. À 18 ans, j’ai relu ce que j’avais écrit et j’ai réalisé à quel point à 14 ans, j’étais perdue. On dirait que ça m’a encore plus motivée à l’écrire, parce que je me disais que à cet âge-là, je savais tellement où je m’en allais: j’arrivais dans l’adolescence, droit dedans, dans ses montagnes russes, mais je ne pouvais pas me douter de tout ce qui allait se passer durant ces 6 années de ma vie, où j’allais changer, où j’allais me remettre en question, où j’allais me perdre, plus qu’une fois, que j’allais perdre ma confiance, que j’allais la retrouver, que j’allais la détruire à nouveau et que j’allais moi-même auto-saboter des choses. C’est vraiment avec une perspective d’adulte que j’ai voulu le réécrire, parce que je voyais que j’avais la chance de voir les deux côtés de la médaille, et c’est vraiment ça que j’ai voulu intégrer dans mon livre. Oui, je suis une jeune associée à des jeunes, mais en même temps, je reste une adulte et je peux conseiller et dire des choses… Par exemple, d’éviter de se faire mal si possible, ou du moins de s’aider à se relever, mais sans non plus être autoritaire ou se gérer. Je ne suis pas là pour gérer les jeunes non plus, pour leur dire ce qui est bon ou pas. Je suis là pour donner des opinions, des conseils, donner des points de vue, et après ils choisissent ce qui va avec eux. Je dis toujours que ce que nos parents nous disent, on l’écoute beaucoup moins qu’une source extérieure… Je peux passer des messages en tant qu’adulte, qu’à 16 ans, j’aurais voulu entendre, et que mes parents me disaient mais que je ne voulais pas écouter puisque c’étaient mes parents.

Je veux que les filles ET les garçons lisent mon livre. C’est quelque chose de super important et je réalisais à quel point les gars pensent qu’il n’y a pas vraiment de services pour eux. On associe souvent les conseils à quelque chose de féminin, comme quand on dit «les guides pour ados» (qui sont plus pour adolescentes finalement, t’sais). Je me suis dit que non, je voulais que les garçons soient inclus. En tant que fille, oui, je suis une fille et je l’ai écrit, mais mes amis sont majoritairement des garçons. Mon petit frère est autiste, j’ai donc longtemps pris la place d’un petit gars dans ma vie, avec mon père je voulais qu’on dise que c’était moi la petite tomboy, qui allais faire des roadtrips, qui écoutais du hockey et la UFC. Alors je crois que je suis quand même capable d’amener un verbal qui va interpeller aussi les jeunes garçons et donner envie aux jeunes de lire surtout! C’est l’idée principale là, que l’amour de la lecture revienne, parce qu’on associe toujours la lecture à quelque chose de plate. C’est comme ça qu’on a découvert la lecture: à l’école, et souvent, l’école, on associe ça à quelque chose de désagréable malheureusement. C’est sûr que quand tu as fait un examen de lecture sur un livre québécois de 400 pages et que tu as eu une mauvaise note et qu’on t’a dit que t’étais pas bon, ça ne te donne pas le goût de lire autre chose. Mais, si tu prends le temps de découvrir ce qu’est la lecture, de découvrir des sujets qui t’intéressent… T’sais, l’objectif, c’est vraiment juste que tu ouvres mon livre… et les premières pages te disent que si ça ne t’intéresse pas, ferme-le tout de suite et va trouver quelque chose qui t’intéresse. Parce que c’est à force de se forcer à lire qu’on perd l’intérêt et qu’on fait perdre l’intérêt de plusieurs générations.

Tu décris ton livre comme «un outil pour appuyer et encourager les adolescents à croire en eux, un ouvrage idéal pour démystifier les étapes du parcours de l’adolescence, et ainsi, amener les jeunes à développer leur confiance en eux».

Oui! On parle souvent des thématiques récurrentes: l’intimidation, l’amour, l’amitié et tout ça. Je voulais toutes les aborder d’une façon vraiment différente, qu’on n’aborde pas justement dans les écoles. On dit souvent qu’à l’école, il y a de l’intimidation et c’est comme ça, pis tu t’en sors… Par exemple, moi, l’intimidation, ce qui était super important, c’était d’aborder non seulement l’aspect des intimidés, mais aussi parler du personnage qu’on dirait qu’on délaisse un peu de l’intimidateur, mais aussi du personnage témoin. En tant qu’individus, on est toujours témoins de quelque chose et on décide, oui ou non, d’agir en conséquence. Du côté des intimidateurs, je me suis demandé: qu’est-ce qui se passe? Il ne faut pas leur dire non puisque ce qu’ils font, c’est correct, et de les excuser pour ce qu’ils font (c’est quand même inacceptable), mais d’expliquer que, peut-être qu’à la maison, il se passe des choses. On parle d’intimidation, il y en a aussi dans les milieux de travail, il y en a un peu partout! Les gens qui veulent se remonter en rabaissant les autres, ça existe même à l’âge adulte. C’est d’expliquer ce qui fait que ces gens-là dans leur vie ont besoin de ça, et de comprendre que oui, les intimidés, des fois, c’est triste, ce n’est pas agréable, mais que souvent, les personnes qui intimident ne sont pas plus heureuses. Pis y’a des choses à découvrir en arrière de ça. Je parle aussi de trouver sa place, des changements, de l’amitié bien évidemment, mais j’en parle davantage sur le fait de découvrir ce que sont des amitiés, toi, comment tu es en même temps en amitié… Je parle de l’école, de la réussite, non seulement de la réussite scolaire, mais dans la vie aussi, parce que ce n’est pas vrai que l’école, c’est nécessaire pour réussir dans la vie ou que si tu n’es pas bon à l’école, tu ne réussiras pas. Surtout qu’on pense qu’à 17 ans, on va savoir qui ont est, qu’on va sortir en tant qu’adultes et avoir une carrière. Au contraire, on sort de là et on est un peu perdus parce que c’est normal! (rires) J’essaie juste de montrer que la réussite, ce n’est pas nécessairement associé aux notes que tu as! L’intimidation, même chose. Ce n’est pas être formé pour être capable de se libérer par la suite. Ce n’est pas juste de dire «va voir un psychologue, va voir un enseignant»… oui, donner des ressources, mais sans les catégoriser. Je parle aussi de la différence. Je parle justement de mon petit frère autiste, mon petit cœur, mon p’tit amour. Mais j’essaie de l’aborder d’une façon que je le voyais peut-être quand j’étais plus jeune, pour que les plus jeunes comprennent. Parce qu’à 7-8-9 ans, tu ne comprends pas ce qu’est une personne autiste, à part une personne qui fait «gagaga-gougougou» et qui tape dans ses mains. Donc, c’est vraiment d’expliquer ces choses-là, autant aux plus jeunes, mais en allant accrocher les parents, les enseignants, et même les gens de mon âge et les plus vieux, en les rendant nostalgiques d’une certaine façon de certains moments de leur vie, en leur faisant réaliser des choses qu’ils ont peut-être vécues et qui ont créé une suite par après. L’adolescent à l’intérieur de nous fait partie de notre vie, qui fait qu’on a douté de lui et qui continue des fois de nous faire douter, parce  qu’on a des blessures non guéries. Et ce sont peut-être des choses que nos enfants vont vivre un jour. On réalise à quel point c’est différent quand le jour où on va avoir des enfants, ils vont totalement être dans un monde différent que le nôtre.

Est-ce que le fait de grandir dans un monde d’adultes, en travaillant très jeune sur des plateaux, t’a confrontée plus tôt aux thèmes que tu abordes justement dans ton livre: subir de l’intimidation à l’école ou sur les réseaux sociaux, chercher à plaire aux autres plutôt qu’à s’aimer soi-même, être toujours confrontée à l’image que tu projettes mais qui ne reflète pas nécessairement ce que tu es en-dedans de toi?

Oui, absolument. La confiance, c’est sûr. C’est dur sur ta confiance quand t’évolues devant les caméras. Il y a comme quelque chose qui fait que tu peux tout le temps faire replay un peu sur ton adolescence… C’est un peu étrange, quand normalement, les gens cachent leurs photos de secondaire 1 et que tu ne les revoies plus jamais! On dirait qu’il y a toujours ce côté-là qui revient tout le temps, mais je pense que le fait aussi d’avoir un petit frère différent m’a forcée à vieillir vite, dans le sens que j’avais le besoin personnel de le protéger tout le temps. C’est un peu ça que je cherche à faire encore. C’est pour ça que je dis dans ce livre-là, que oui, j’essaie d’être cool et naturelle, mais que dans mon naturel, je suis quétaine au boute! Pis j’aime ça parler aux jeunes, pis oui, je vais dire des phrases quétaines des fois, pis je sais que c’est quétaine! Mais moi, je me dis que, comme mon frère, on vit au moment présent, et s’il y a quelqu’un que ça peut rendre heureux, même si c’est une «petite phrase-soleil-bonbon», ça va me faire plaisir de rendre une personne heureuse, parce que mon frère m’a fait comprendre ça. Sur le moment présent, si tu veux faire un câlin, si tu veux dire «je t’aime», si tu veux dire une phrase quétaine, il faut que tu la dises, parce que ça peut changer la journée de quelqu’un au complet. Je crois que cette maturité-là, c’est sûr qu’avec la télévision je l’ai eue plus jeune, parce que j’avais des horaires à concilier, il fallait que je sois une adulte d’une certaine façon et je me tenais avec des adultes plus souvent qu’autrement. T’sais, comme mentors, j’avais Guy Jodoin, Luc Bourgeois, Valérie Blais, après ça Guylaine Tremblay, et j’avais seulement 17 ans quand je l’ai rencontrée! Je suis encore une petite fille, je suis encore un p’tit bébé, pis c’est avec ces gens-là que j’ai appris, et d’une certaine manière, j’ai appris d’eux. J’étais aussi un modèle pour leurs enfants qui étaient en âge de me suivre. Alors c’était comme une relation familiale, mais qui fait qu’au final, quand tu as 17 ans, que tu gères une carrière, que tu es au secondaire et que t’as ton bal de finissants, et que tu sais en même temps que les jeunes te considèrent comme un modèle, encore aujourd’hui, en plus d’avoir un petit frère différent, on dirait que j’avais tout ce qui était différent et autres pour pouvoir rassembler un livre avec beaucoup beaucoup de sujets! (rires) Pis avoir l’impression d’avoir vécu beaucoup trop de choses en peu de temps. (rires)

Par rapport à l’intimidation, j’ai quand même été chanceuse… Je me faisais intimider au primaire, mais je ne le réalisais pas trop parce que mes amis étaient tous plus vieux que moi et moi, je trouvais que les jeunes de mon âge étaient tous un peu immatures! (rires) J’étais vraiment plus concentrée sur mes amis plus vieux qui étaient au secondaire. Sinon, l’intimidation, ce sont plus les gens autour de moi qui l’ont vécue. Je n’aimais pas voir les gens souffrir, j’étais celle qui protégeais les autres. Je parle justement de ma meilleure amie dans le livre. Elle mesure 6 pieds et, du haut de mes 5 pieds, c’est moi qui la protégeais, qui l’ai emmenée voir la direction, et on dirait que c’est la même chose avec mon petit frère, avec les jeunes qui se faisaient intimider; c’est moi qui m’interposais, on dirait que ça a tout le temps été ça. Je pense que le plus dur pour moi à l’adolescence, c’est que j’ai vraiment été associée à la jeune fille parfaite, à celle qui était tout le temps bonne à l’école, surtout que j’avais des rôles qui ressemblaient à ça aussi. Alors en plus d’associer Frédérique et ses personnages à la petite fille modèle, qui est une bonne petite fille de maison, qui fait ses devoirs, qui est tout le temps à son affaire, qui sait ses textes, qui est toujours à l’heure, on dirait que les gens m’ont vraiment associée à ça et ça a comme créé une pression de perfection constante que je me suis mise sur les épaules et que je me mettais déjà. Mais qui s’est comme amplifiée avec le temps et je crois qu’un moment donné, j’ai juste cassé, et personnellement, je trouvais que qu’il n’y avait jamais rien qui était assez. Donc, je n’étais jamais assez bonne, jamais assez belle, jamais assez fine, jamais assez parfaite, pis j’avais l’impression que les gens me mettaient cette pression-là aussi. Pour moi, ça a été ça à l’adolescence, que je me suis mise tellement de pression… Je ne voulais plus me forcer pour rien… La perfection, je ne l’avais jamais atteinte pour personne, alors ça servait à quoi? Je déployais plus d’efforts que plein de gens, mais il y en a plein qui étaient plus récompensés que moi! Qui n’avaient pas besoin d’en faire autant, t’sais. Pourquoi en faire autant si les autres réussissent en faisant moins? C’était ça qui était dur sur le côté confiance… C’est de se sentir inférieur quand tu sens que ce que tu fais, ce n’est jamais assez bon pour personne. Pourquoi on n’a jamais c’qu’on veut, tandis que les efforts sont là? J’en parle énormément dans mon livre. C’est facile de dire: «Hé, j’suis une bonne personne, mais on dirait que même si je suis une bonne personne, ça ne marche pas». Et finalement être une bonne personne, c’est vrai que c’est frustrant souvent, parce que ce n’est pas vrai que tu vas réussir plus parce que t’es une bonne personne. Au contraire, ce n’est vraiment vraiment pas le cas. Mais quand tu sais que tu réussis à faire sourire des gens, quand ton objectif est de faire plaisir aux gens et d’aider, pis que tu réussis ça, ça vaut tout l’or du monde selon moi. Je pense que c’est MA plus grande réussite, surtout avec ce livre-là. Après 8 ans d’écriture, ça va combler mon petit manque de perfectionniste! (rires)

Tu as grandi un peu sous nos yeux, que ce soit dans Tactik ou plus tard dans Unité 9. Tu te confiais aussi dans un blogue sur le site de VRAK… les jeunes doivent avoir pris l’habitude de se confier à toi, et ce depuis longtemps?

C’est sûr qu’en le voyant et en recevant ces messages-là, c’est là que tu comprends et que tu réalises à quel point il y a un besoin qui est là. Si les jeunes s’adressent à moi, c’est qu’ils me font confiance. C’est une chose pour laquelle je les remercierai tout le temps, parce que je trouve ça fascinant. Et moi dans ce temps-là, j’étais adolescente aussi, j’avais 15-16 ans, et on me demandait des conseils alors que moi-même, je les cherchais encore. Je pense d’ailleurs que d’une certaine façon, c’est la meilleure façon d’apprendre, parce que c’est en donnant des conseils aux autres que moi je me suis construisais d’une certaine façon. Et cette entraide-là qu’il y a entre jeunes, c’est ça qu’il faut mettre de l’avant. J’en parle énormément dans mon livre. Si on réalisait à quel point on est tous dans le même bateau, et qu’on s’en parlait..! Ce qui arrive, c’est qu’on s’en parle 10 ans plus tard et qu’on fait: «Ah, oui! Tu pensais de même, toi aussi? Avoir su»! C’est ce «avoir su»-là que j’essaie de combler. À 15-16-17 ans, quand moi, je les conseillais, j’étais aussi perdue qu’eux, et j’aurais peut-être été capable de mieux me retrouver là-dedans. Je trouve que ces jeunes-là ont tellement de choses à dire! Et ont tellement de rêves! Souvent, c’est qu’il ne manque que le petit déclic, la petite inspiration, la petite étincelle, pour dire: «Hé! Je vais le faire moi aussi! Je ne vais pas me décourager».

Avec Unité 9, mon personnage était assez sérieux, merci. T’sais, j’en ai reçu, des lettres de suicide, des lettres parlant d’automutilation, et des gens qui avaient besoin de conseils… des choses sérieuses! Les gens se confiaient à moi, et des adultes aussi. C’est de leur redonner un peu tout ce qu’ils m’ont donné… et j’ai écrit beaucoup d’anecdotes dans mon livre justement qui ne sont pas basées sur moi. Je ne veux pas que les gens pensent que c’est une biographie ou que je ne parle que de moi tout le long. Au contraire, je veux que le livre appartienne à ceux qui vont l’avoir dans leurs mains, et que quand ils vont le lire, ils vont avoir l’impression que ce sont eux. Les citations sont prises de mes amies, de conférences que j’ai faites, de témoignages que j’ai reçus, oui, de beaucoup de parties de ma vie, parce que c’est quand même moi qui l’ai écrit. Je me suis basée sur des choses que je connais, mais sans non plus tout le temps expliquer que c’est moi.

Tu t’es trouvée la personne parfaite pour te faire de la pub sur Instagram: ton frère! Il est trop cute! Est-ce que ton livre est aussi un peu dédié à lui, une personne qui t’inspire tous les jours de ta vie?

Ouiiiiii! Philoooou! (rire mignon) En fait, ce n’est pas vraiment de la pub! C’est qu’il était tellement fier d’être sur le livre! Je me suis dit qu’il fallait qu’il soit là! Le nombre de fois où il m’inspire… Dans mon écriture, il m’a vraiment inspirée et j’en parle! Je trouve que c’est tellement beau de le voir aller. Il sourit tellement et son énergie est contagieuse! C’est sûr qu’il y a ma face en première page, ce que je ne voulais pas au début, mais j’ai su que c’était mieux pour l’édition, car les gens se reconnaissaient davantage à travers moi, mais je voulais que mon frère soit avec moi en arrière. Je crois que son énergie contagieuse peut déjà apporter quelque chose de plus. Et en plus, la vidéo… il est tellement mignon! Ça n’avait même pas de bon sens!

Apprendre à faire les choses pour soi plutôt que dans le but de plaire aux autres. Comprendre la différence de chacun pour mieux l’accepter. Gérer notre stress dans une ère où la pression est aussi réelle que virtuelle. Expliquer l’écart si important entre notre génération et celle de nos parents. Qu’il soit question de trouver sa place, de faire face à l’intimidation, de réaliser qui sont nos vrais amis ou de travailler sur soi pour apprendre à se faire confiance, ce livre s’adresse à l’adolescent que tu es, seras ou as déjà été. Mon petit frère, mon idole à moi, celui dont je parle avec énormément de fierté, aura une place bien spéciale à mes côtés. C’est lui qui m’inspire tous les jours et je crois qu’à travers mon écriture, il saura vous inspirer aussi. Comme il le dit si bien : Allez ! Fais-le pour toi! En librairie dès le 23 août.

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Le livre est un peu dédié à lui, oui, mais je ne veux pas que les gens pensent que c’est un livre sur la différence et sur l’autisme, aucunement. Mais c’est un peu dédié à lui, oui, parce qu’il a cette façon de me faire comprendre que tout se passe dans le moment présent et qu’il faut en profiter, et que souvent, on ne réalise pas que le bonheur est dans les petites choses. Il faut apprendre à être fier de soi. Même avec ce livre-là, jusqu’à ce que je le vois devant moi, je n’étais pas encore fière de moi! De l’avoir écrit. Il me semblait que ce n’était pas assez, j’avais besoin de rajouter des choses, des trucs, de le retravailler. On dirait que c’est quand je l’ai vu, lui, être tellement fier de voir son visage sur un livre, que là j’ai vraiment été contente. Il y a justement eu un concours pour que les jeunes fassent partie du livre avec nous! Il y a une mosaïque à l’intérieur et au début avec des jeunes justement qui tiennent une pancarte qui dit «Fais-le pour toi!», et c’est tellement le fun de voir les gens participer! Ils pouvaient m’envoyer des textes pour me dire pourquoi ils voulaient en faire partie… et la quantité de textes que j’ai reçus! Et L’AMOUR qu’il y avait dedans! Des gars, des filles, des jeunes différents! Je pense que sur ces jeunes-là, il y en a 3 ou 4 qui avaient un handicap, et je trouvais ça tellement beau… ils me disaient qu’ils se reconnaissaient à travers ce projet, mais surtout à travers mon frère! Ils ne savaient même pas que mon frère allait être sur le livre. Ça, on dirait que ça me touche, parce que… chez moi, c’est juste Fred et Philou qui rayonnent et qui se donnent des leçons de vie à chaque jour. On a vraiment beaucoup à apprendre de lui. Mais de voir qu’il est une inspiration pour beaucoup de gens, et que notre relation inspire des parents d’enfants différents, des frères et soeurs d’enfants différents, des jeunes qui vont à l’école avec eux… Wow. J’ai reçu énormément de messages, et c’est d’en parler, d’expliquer c’est quoi… Je ne peux pas souhaiter mieux! C’est fou les partages qu’on a eus sur la vidéo de mon frère! Même jusqu’en France…

C’est sûr que ton frère aussi, ça a dû forger ta personnalité et t’aider à devenir la femme que t’es. Tu es très impliquée dans la vie, tu donnes des conférences dans les écoles, tu t’engages dans des causes comme la Fondation autisme Laurentides, la Fondation Jasmin Roy, le Grand McDon et plusieurs autres projets qui portent sur la confiance en soi… on peut dire que ce livre était un peu l’extension de tous ces projets?

En fait, je pense que ce que j’ai appris jeune, c’est que dans une conversation par exemple, il y a beaucoup de gens qui ne prennent pas le temps d’écouter, mais qui pensent seulement à la réponse qu’ils vont donner. Avec mon frère, quand il te parle, il faut que tu écoutes. Parce que tu ne comprendras peut-être pas ce qu’il va te dire, il va peut-être te sortir trois phrases de deux séries télévisées qu’il va avoir écoutées, et tu ne comprendras pas la signification. Je pense qu’il m’a un peu inculqué ça, de prendre le temps d’écouter les gens et de s’intéresser à eux. Les gens parfois font semblant de s’intéresser aux autres pour parler d’eux. Je trouve que c’est tellement important de prendre le temps d’écouter les gens qui se confient à toi, plutôt que de penser justement à tes réponses… Aussi mon frère a cette gentillesse-là… Il n’a aucune méchanceté, il a une candeur, une naïveté complète. Tout le monde est beau, tout le monde est gentil; il ne voit pas le mal. Il veut donner des câlins à tout le monde. J’ai une famille incroyable et on s’aime tellement! Ça m’a appris justement à m’impliquer parce que, même s’il est différent, je sais à quel point je suis chanceuse. Oui, il est autiste, mais comment il est, il ne fait pas de crises, il n’a pas besoin d’aller en répit, il est super fin, il n’a pas de sauts d’humeur… Il y en a plusieurs qui ont beaucoup de restrictions. On a vraiment de la chance! C’est différent d’avoir un frère autiste, mais je sais qu’il y a des familles où c’est beaucoup plus difficile que moi. Je ne me plains jamais parce que mon frère est différent.

Tu vas lancer un site (faislepourtoi.ca) je crois en même temps que le livre, où les jeunes pourront s’exprimer?

Il va être lancé le jour du lancement, le 26 août! Ça va être une forme de partage, un genre de blogue. Je vais écrire des articles, des gens vont écrire pour moi, mais surtout principalement moi. Parce que, dans le fond, je veux que ce soit un peu une extension du livre, donc des informations supplémentaires. Je ne veux pas offrir un livre aux jeunes et moins jeunes et dire par la suite «ma job est faite et arrange-toi avec ça»! S’ils ont d’autres questions, s’il y a des choses que je n’ai pas assez développées ou que je pourrais développer davantage, je veux avoir une plateforme où ils vont pouvoir retrouver ça, où ils vont pouvoir retrouver aussi les ressources. Je veux parler de gens inspirants. Aussi, si les gens ont des problèmes, ils vont pouvoir cliquer sur des sections et trouver des gens qu’ils leur ressemblent peut-être, qui ne sont pas moi. J’ai Luc Poirier qui a décidé d’en faire partie, j’ai la fondation Jasmin Roy et celle de Véro et Louis qui vont en faire partie aussi. Je veux vraiment qu’il y ait des influenceurs et des individus, des entreprises, mais aussi des fondations. Les gens par la suite vont pouvoir m’approcher pour justement faire partie du site, parce que je veux que ce soit un endroit positif… avec des conseils, avec des articles, des références, avec des gens qui veulent partager leur histoire. J’invite vraiment les jeunes et moins jeunes à venir partager leur histoire s’ils croient que dans leurs mots, dans ce qu’ils ont vécu, il y a d’autres gens qui pourraient s’y référer ou que ça pourrait faire sourire quelqu’un.

Psssst! Frédérique va être à la librairie Carcajou, à la Place Rosemère, le 27 août, soit le lendemain de son lancement. «C’est la librairie de ma jeunesse. Je viens de Boisbriand»! Ce sera un lancement fermé au public, mais plusieurs autres événements auront lieu par la suite.

Fais-le pour toi est disponible dès maintenant au coût de 19,95$.

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