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Cécile Gariépy

Tout nu! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité

Illustration: Cécile Gariépy

J’aime les beaux livres tout neufs qui sont pertinents et décomplexés. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité en est un brillant exemple. Solidement recherché par son autrice Myriam Daguzan Bernier – étudiante en sexologie, journaliste indépendante et gestionnaire de communauté -, ce livre destiné aux ados est une cure à la désinformation ainsi qu’aux discours culpabilisants qui entourent la sexualité.

Présenté avec intégrité et ouverture, ce dictionnaire comblera certes les ados curieux à qui il est destiné mais aussi parents, profs et toute autre personne gravitant de proche ou de loin des jeunes d’aujourd’hui.Visant à propulser et à dédramatiser la conversation autour de la sexualité, Tout nu! englobe tout un amalgame de concepts reliés à la sexualité tel l’image de soi, la santé, la physiologie, les relations amoureuses, etc.

J’ai eu envie de jaser mots avec l’autrice. En voici donc quelques-uns qui sont ressortis du lot!

Quel mot a été le plus…

 … inspirant? Plaisir! Parce que c’est le mot qui a dicté pas mal tout le livre. En fait, mon idée de base était de remettre du plaisir dans le discours lié à la sexualité, question de délaisser celui plus alarmant et culpabilisant qui y est habituellement lié. Sans pour autant se cacher la tête dans le sable à propos de réalités bien tangibles comme les ITSS, l’importance de se protéger, les grossesses non désirées, les violences sexuelles, etc.

… motivant? Le projet complet. Tous les mots constituaient un véritable défi, parce que si certains m’étaient très familiers, d’autres l’étaient beaucoup moins et ça demandait énormément de recherches et de lectures pour arriver à saisir les nuances et trouver les bons mots pour les exprimer.

… confrontant? Il y en a plus d’un! En premier lieu, je dirais consentement.Ça m’a fait réaliser à quel point on est encore loin d’avoir bien saisi l’importance de ce mot. Il y a encore trop de commentaires désobligeants ou d’incompréhension à ce sujet. Par exemple, des gens vont dire: «Mais là, est-ce qu’il va falloir faire signer un formulaire?» ou «Ça va tuer le désir, on ne pourra plus rien faire!» C’est faux. Ça va encore plus tuer le désir et traumatiser la personne de réaliser, à la suite d’une relation sexuelle, que l’autre ne voulait pas vraiment. Ça, ça crée des dissonances! Si tout le monde a de bonnes notions sur le consentement, une fois qu’on arrive au moment d’avoir une relation sexuelle avec une autre personne, mieux on comprendra ses propres limites et qu’on saisira qu’on a le droit et l’espace pour s’exprimer et dire ce qu’on aime moins et ce qu’on aime mieux, moins il y aura d’abus à mon sens. Alors il faut commencer à en parler tôt! Dans un second temps, je dirais que beaucoup de mots qui ne correspondent pas à ma réalité (ex.: asexualité, transgenre, aromantique, lesbienne, gai.e, etc.) m’ont confronté au fait de m’informer le mieux possible pour être certaine de choisir les bons mots, qui correspondent vraiment à ces réalités. Question de ne pas stigmatiser davantage ces personnes qui le sont déjà trop dans notre société.

… malaisant? Honnêtement? Aucun. Je n’aurais pas écrit un livre sur ces sujets si je sentais que je n’étais pas capable de les aborder de vive voix.

… chargé? #MeToo, probablement. Avec la vague sans précédent qu’on a connue dans les deux dernières années, c’était impossible de ne pas aborder ce mot-clic qui a permis à des millions de personnes de pouvoir affirmer haut et fort ce qu’elles ont vécu. Pour stopper le sentiment de honte et de culpabilité. Pour faire réaliser que ça arrive tellement plus souvent qu’on pense. Ça a été un reality check pour bien des gens. Et il faut continuer à en parler.

Quel mot…

 … as-tu envie de crier sur tous les toits? Encore et encore: plaisir! Je le dis dans le livre, car c’est important. Ayez.du.fun. Pourquoi il faudrait que le discours sur la sexualité soit grave, lourd, culpabilisant, effrayant? Il l’a été (et l’est encore sous plusieurs aspects) et ça n’a pas vraiment aidé. Peut-on essayer une autre méthode alors? Celle d’un empowerment positif et joyeux, mettons? Personnellement, c’est mon but!

… aurais-tu préféré ne pas avoir à définir? Il n’y en a pas qu’un. Violence sexuelle. Excision. Anorexie. Grossophobie. Boulimie. Anxiété. Suicide. Homophobie. Transphobie. Je peux en nommer plusieurs. J’aimerais que ces notions n’existent simplement pas et qu’on vive dans un monde acceptant, bienveillant où chaque personne est accueillie telle qu’elle est. Le but n’est pas de vivre dans un monde de licornes, mais juste d’être plus compréhensif.ves et ouvert.es envers les réalités qui sont différentes de la nôtre et d’arrêter les discours nocifs sur les corps, les orientations sexuelles, les identités différentes et sur, par exemple, le sexe féminin. La vie est courte, aimons-nous un peu svp.

… a fait du bien à ton âme? Le livre complet, je crois. Chaque mot m’a permis d’aborder des sujets qui me tiennent à cœur et qu’il me semble crucial de connaître pour discuter de sexualité de façon ouverte et inclusive. Ça m’a fait du bien de pouvoir mettre de l’avant des réalités moins connues qui doivent être respectées et comprises, pour un meilleur « vivre-ensemble », je dirais.

… aurais-tu voulu connaître ado? Ouf, encore une fois: plusieurs! Mais j’irais avec première(s) fois. J’aurais aimé savoir que, toute ma vie, j’aurais des premières fois. Qu’avec chaque personne rencontrée, ce serait différent. Qu’une relation sexuelle, c’est bien plus qu’une pénétration et que ça, c’est une façon parmi tant d’autres d’avoir du plaisir. Que ce n’est pas à la minute où se passe une pénétration que, voilà, c’est fait, voici LA première fois! La première fois, c’est aussi un premier baiser, une première caresse, etc. Si on mettait moins de pression sur une première fois où tout se passe, où tout arrive, il y aurait beaucoup moins de stress et beaucoup plus de plaisir!

… t’a le plus surprise? Comme le livre devait d’abord être un essai sur les menstruations (eh oui!), j’irais avec celui-ci. Parce que, dans les deux dernières années, j’ai découvert des tas de trucs sur ces dernières. Sur des méthodes pour gérer le flux sanguin, sur la normalité et l’anormalité de certaines douleurs (qui peuvent être causées par l’endométriose, par exemple), sur l’histoire des règles, sur les fausses croyances, etc. C’est un monde absolument fascinant et on en a encore à apprendre!

Illustration: Cécile Gariépy

Tout Nu! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité est publié aux Éditions Cardinal.

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