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Je suis sortie de ma tête avec mon chapeau!

Je ne sais pas si je suis née pour un p’tit pain, mais pour un chapeau, ça c’est certain! J’ai sursauté en retrouvant cette photo avec mon papa Alain. C’est pas le chapeau que j’ai porté pour chanter Bye bye mon cowboy, mais on dirait que j’étais prédestinée à en porter un!

Guillaume Ethier, Melissa Laveaux, Pierre Lapointe, Melissa Fortin, Emmanuel Ethier, Karl Surprenant et Gabriel Lambert

J’ai retrouvé mon «casque» pour la tournée de Chansons hivernales avec Pierre Lapointe. Du même coup, j’ai aussi retrouvé la mallette vert forêt vintage que j’ai traînée pendant toute ma carrière de jeune chanteuse. Dans le temps, on n’utilisait pas le mot «vintage» comme aujourd’hui, mais je faisais les boutiques rétro pour m’équiper de vêtements qui sortaient de l’ordinaire. C’était comme si j’allais à la pêche pour trouver LE morceau qui allait me faire sortir du lot: une montre 1950 au bracelet hexagonal moulé, des boucles d’oreilles 1960 yéyé, un ensemble marine à pois blanc que j’ai fait ajuster tellement serré que je ne pouvais presque pas marcher dedans (hello, Marilyn!)… C’est dans une de ces boutiques rétro que j’avais trouvé une jolie mallette qui protégeait mon chapeau de cowboy, l’empêchant de se déformer, entassée sous les lourdes valises ou les instruments de musique. Elle a fait le tour du Québec plusieurs fois, cette fameuse mallette. Puis, après cette période de ma vie terminée, elle a protégé mon chapeau de la poussière, dans le fond d’un garde-robe, pendant 20 ans.

Il y a quelques années, j’ai offert mon chapeau au musée et ai dû m’en offrir un autre pour tourner le vidéo de la chanson Cowgirl. Mais en novembre dernier, le matin du premier spectacle de Pierre Lapointe, j’ai pensé apporter le chapeau – dans la mallette verte – au cas où l’envie me «pogne». Après avoir enfilé mes vêtements, je me suis regardée dans le miroir et j’ai compris que de déposer cette couronne de feutre noir sur ma tête changerait la dynamique du spectacle, surtout mon arrivée sur scène.

Dans ma loge, sous le regard tendre de ma sœur Abeille.

 

Ma mallette a appartenu à M.H.H. avant de me suivre en tournée.

Dès que je me suis regardée dans le miroir de ma loge, sous les exclamations de ma sœur Abeille venue m’encourager, je n’ai pu reculer. Sur la scène, j’avais soudainement 17 ans. Et le public, 12! Les sourires sur les visages, les mains tendues, nous sommes retournés en enfance ensemble. Sais pas… Il est comme un service à la communauté! Même les artistes et musiciens s’animent encore plus quand il se pointe! Et moi, je recommence à m’éveiller différemment et respirer un peu mieux. Au son de la musique, je recommence à habiter mon corps pleinement. Mes jambes, mon ventre, mon épine dorsale, mon corps entier reprend du service. Dans le fond, je sors de ma tête avec mon chapeau!

Ce n’est d’ailleurs pas le seul chapeau qui sévit devant le public de Pierre Lapointe. Pour Chansons hivernales, tout le monde sort les accessoires! La troupe finit le spectacle dans une marée de guirlandes et d’ornements divers… euh, d’hiver!

 

 

 

Photo: Patrick Beaudry

 

Melissa Laveaux et moi, chapeautées pour le rappel.
La bassiste Amelie Mandeville et le guitariste Gabriel Lambert se parent en arrière scène.
Guillaume Ethier joue au Grinch de service, un rôle de composition 🙂
Notre directeur musical, Emmanuel Ethier, tout sourire avant de remonter sur scène.

 

Photo: Patrick Beaudry

Il n’y a rien comme reprendre possession de soi. Avec le travail, les ordis, les téléphones, c’est parfois comme si on pouvait exister sans le reste. Notre corps, on le pousse, on le malmène, on le fait avancer, sortir les vidanges, faire le marché, la vaisselle, on lui demande de pelleter la neige. Il est parfois notre esclave, jusqu’à ce qu’il nous arrête de force. Et c’est là qu’on réalise son importance et, surtout, qu’il a besoin d’être respecté.

En cette fin d’année si particulière, de grèves de toutes sortes, n’oublions pas notre corps, celui avec qui notre âme a le très grand privilège de négocier. Si comme bien des gens, votre vie a été chavirée par de multiples batailles, faites-lui savoir que vous l’aimez et que vous le remerciez. Car malgré la tourmente, il est votre soutien premier et il faut le célébrer, peu importe la couronne avec laquelle vous choisirez de l’orner!

Joyeuses fêtes!

Mitsou
Xxx

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