logo youtubelogo vimeologo twitterlogo rss logo instagram logo fb simplezoom 2heart 2minimal leftminimal rightcheck boldemail 84ic local printshop 24px launch 11 cart simple button playapple logo spotifylogo linkedinmirror cloud download 95logo pinterest

Mille raisons pour vivre et, parfois, une seule pour mourir

Les suicides les plus tristes sont ceux qui sont commis sur un coup de tête.  On n’est pas sans se dire que si la personne s’était donnée un peu plus de temps, elle aurait sûrement vu la situation différemment.  Mais voilà une solution qui est, malheureusement, irréversible.

Il y a 20 ans cette année, j’ai aussi voulu démissionner de ma vie, mais je ne peux pas dire que c’était une décision irréfléchie.  En fait, comme plusieurs sûrement, j’avais connu un début de vie difficile et j’essayais tant bien que mal d’avancer avec le peu d’outils que j’avais pour affronter correctement ce monde.

Au fil des ans, j’imagine, j’ai traîné derrière moi toute cette amertume de ne pas arriver à être extérieurement celle que je sentais pouvoir être intérieurement, c’est-à-dire une jeune femme confiante, déterminée, fonceuse, dynamique, qui a de l’entregent et de l’audace.  Oui, j’avais tout de même réussi à être un peu moins timide et renfermée, mais le peu de valeur que je m’attribuais était insuffisant pour que j’arrive enfin à déployer mes ailes.

Et, puis, un jour, je me suis imaginée pouvoir accéder à cette marche qui, jusqu’à lors, me semblait exclusivement réservée à ceux qui ont de la chance dans la vie.  Une potentielle carrière dans la chanson se présentait à moi et cela allait me permettre de passer de mon état d’invisibilité à un état de « Regardez-moi; j’existe vraiment. ».

Toutefois, les efforts que j’avais dû mettre pour me rendre jusque là – les nombreux défis que j’avais dû relever – ont fini par avoir raison de ma santé et j’ai craqué avant d’arriver au fil d’arrivée.  C’est alors que j’ai totalement perdu foi en la vie, en la possibilité que je puisse enfin arriver à être heureuse un jour.

SE DÉCONSTRUIRE POUR MIEUX SE REBÂTIR

L’année de ma dépression majeure a été un véritable enfer et je ne voudrais pas revivre ceci pour tout l’or du monde.  Toutefois, d’avoir tenu le coup jusqu’au bout me permet aujourd’hui de vous dire ceci :  Et si l’envie de mourir était justement une invitation à aller voir tout ce qui se cache au fond de soi, à visiter tout ce qui a besoin d’être mieux analysé et compris, à défaire les fils qui se sont emmêlés, à reconsidérer ce qui compte vraiment et à délaisser ce qui importe peu?

Il faut parfois toucher le fond pour pouvoir se donner la poussée nécessaire pour remonter à la surface.  Oui, la vie prend souvent les grands moyens pour nous faire comprendre le véritable sens des choses, mais elle le fait toujours dans le but de nous aider.

Pour moi, la dépression et l’envie de mourir, c’est ce qui m’a littéralement sauvé la vie.

Du même auteur

Mille raisons pour vivre et, parfois, une seule pour mourir