En janvier, une fois les décorations rangées et les restants de dindes terminés, les virus (res)sortent de leur tanière. Le froid, l’air sec et la promiscuité hivernale leur offrent un terrain de jeu idéal. Ils s’invitent dans nos mitaines, nos mouchoirs et rêvent de devenir nos meilleurs amis.
Pour leur résister, deux écoles s’affrontent: les remèdes de grand-mère, transmis avec amour, expérience et parfois un brin de superstition, et les tendances exposées sur les réseaux sociaux, parfois douteuses, qui promettent de vous remettre sur le piton plus vite qu’un bouillon maison.
Comme toujours, mon cœur balance entre ma nostalgie pour les traditions et ma curiosité pour les nouveautés. Mon but? Vous aider à démêler le vrai du trop beau pour être vrai, pour vous, les familles et pour notre mieux-être collectif.
RHUME OU GRIPPE?
Rhume: nez bouché ou qui coule, éternuements, petite fatigue, mal de gorge léger. Il est causé par plusieurs virus différents. On peut l’apaiser, mais il faut être patient, car le système immunitaire fait le travail généralement en 5 à 10 jours.
Grippe: fièvre, frissons, courbatures, maux de tête et grosse fatigue. Elle peut entraîner des complications chez les enfants et les personnes âgées et vulnérables. Ici, on reste au lit.
Astuce de Mamie: ne sous-estimez jamais la grippe. Ce n’est pas «juste un gros rhume». Le vaccin demeure la meilleure façon de réduire les risques de complications et d’hospitalisation. Même s’il n’empêche pas toutes les infections, il en diminue la gravité.
POUR APAISER LA GORGE ET LA TOUX
Traditions: gargarisme d’eau tiède salée, petits plaisirs froids (popsicle, gelato, crème glacée) et pastilles.
Le verdict? Le gargarisme aide à fluidifier les sécrétions, le froid engourdit temporairement la douleur, et les pastilles stimulent la salivation, ce qui hydrate la gorge et calme l’irritation. Celles au zinc peuvent, chez certains, raccourcir légèrement la durée d’un rhume si elles sont prises tôt, mais à dose modérée (trop de zinc cause des effets indésirables). Même les bonbons ont leur utilité, en ayant le même effet qu’une pastille. Pour une option sans sucre, laissez doucement fondre un glaçon sur la langue.
Tendances: boisson chaude à base de Jell‑O et miel, concoction de lait, beurre, miel, jaune d’œuf et bicarbonate de soude, et au micro-ondes, chauffer une orange avec miel, sel et un peu de sucre.
Le verdict? Ces breuvages peuvent hydrater et apaiser la gorge grâce à la chaleur et au miel (dont l’effet calmant sur la toux est bien documenté), mais elles ne traitent pas l’infection. À voir comme du réconfort, pas comme un remède miracle.
POUR DÉCONGESTIONNER LE NEZ
Traditions: bain de vapeur, douche chaude, sprays nasaux salins et irrigation des sinus.
Le verdict? Les bains de vapeur (avec ou sans huiles essentielles, comme l’eucalyptus, le laurier ou le romarin) aident vraiment, car ils fluidifient le mucus. L’irrigation (vaporisateurs et pot neti) sont efficaces si bien exécutés. Dans le cas d’une solution maison, on doit utiliser de l’eau stérile bouillie puis refroidie. Demandez conseil à la pharmacie. Attention au sel: trop, ça irrite les muqueuses.
Tendances: ail dans les narines, bouche scotchée la nuit et massages agressifs du nez et des sinus.
Le verdict? Irritant, inutile et parfois dangereux. Rien ne prouve leur efficacité, et certaines pratiques augmentent les risques d’infection ou de blessure.
POUR FAIRE TOMBER LA FIÈVRE
Traditions: compresses, manger et enlever une «pelure».
Le verdict? Les compresses tièdes peuvent aider au confort, mais leur objectif n’est pas de «forcer» la fièvre à baisser. Mangez seulement si vous avez faim, buvez beaucoup, c’est primordial. Trop chaud? Allégez-vous. Frissons? Couvrez-vous. Écoutez votre corps. La fièvre est une réponse normale de celui-ci pour combattre l’infection.
Tendances: bas imbibés de vinaigre, tranches d’oignon ou de patate dans les chaussettes.
Le verdict? Aucune preuve scientifique. Effet nul… sauf sur l’odeur des draps.
POUR SOULAGER LES MAUX DE TÊTE ET LES COURBATURES
Traditions: acétaminophène (Tylenol), ibuprofène (Advil), aspirine (chez l’adulte), café, sac de petits pois congelés.
Le verdict? Les analgésiques réduisent douleur et fièvre, facilitant le repos. La caféine peut renforcer l’effet des antidouleurs en resserrant les vaisseaux sanguins, mais en excès elle peut déclencher des maux de tête. Le froid engourdit la douleur et réduit l’inflammation.
La base officielle, peu importe le virus
Tradition sacrée: repos + eau = meilleure récupération.
Le verdict? Cette règle traverse les générations pour une bonne raison: le système immunitaire fonctionne mieux quand le corps est reposé, et la fièvre augmente les pertes en eau. Déléguez, prenez congé, laissez-vous chouchouter et buvez régulièrement. Et si on vous surprend à regarder vos séries en rafale, dites que c’est presque une prescription officielle… validée par Mamie Julie et la santé publique. ; )
Tendances: échinacée, sureau, gingembre, vitamine C, zinc et autres «casse-grippes».
Le verdict? Aucun supplément ne guérit un virus. Certains peuvent légèrement soutenir le système immunitaire ou améliorer le confort, mais leurs effets restent modestes et variables. Voyez-les comme un complément, pas une garantie.
COMMENT AGRÉMENTER VOS BOISSONS
Traditions: miel, citron et gingembre dans une tisane, un jus ou un bouillon.
Le verdict? Le miel apaise la toux. Le citron apporte un peu de vitamine C et de fraîcheur. Le gingembre possède des propriétés anti-inflammatoires légères. Ensemble, ils réchauffent le corps et font du bien au moral – ce qui compte aussi dans la guérison.
Tendances: la «flu bomb» (ail, piment, eucalyptus, etc.).
Le verdict ? À éviter. Certaines versions sont potentiellement toxiques. Sa promotrice a d’ailleurs été bannie de la pratique de santé en Australie pour conseils jugés dangereux.
Boissons qui font du bien à tout âge: soupe au poulet (oui, elle aide vraiment à l’hydratation et au confort), chocolat chaud, électrolytes et surtout… de l’eau.
EN CONCLUSION
Entre traditions et tendances, le vrai remède, c’est souvent le bon sens enveloppé de douceur. Écoutez votre corps, méfiez-vous des promesses spectaculaires et choisissez ce qui vous fait du bien et est sécuritaire et approuvé.
Et puis, n’oubliez pas les gestes simples du quotidien: se laver les mains souvent, éviter de partager vos objets personnels, nettoyer les surfaces et aérer régulièrement votre environnement.
Mamie Julie vous le dit: parfois, la meilleure médecine, c’est un peu de science, beaucoup de repos et une bonne dose de tendresse envers soi-même.
Un virus passe, mais se sentir entouré, réchauffé et un peu choyé aide toujours à guérir plus vite.
Et vous? Quel est votre remède préféré quand le rhume ou la grippe s’invitent sans prévenir: une tradition transmise par votre mère, votre grand-mère ou une tendance virale repérée sur les réseaux? Partagez-le en commentaire. Mitsou, son équipe et moi avons très hâte de découvrir vos secrets de guérison, des plus réconfortants aux plus surprenants.
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Appel aux lectrices En mars 2026, je deviendrai une grand-mère. Je rêve d’une communauté pour les femmes de 60 ans et plus – les futures grand-mamans, les femmes pleines de vie et de curiosité. Un endroit pour partager nos idées, nos expériences, nos astuces et nos fous rires. Est-ce que l’aventure vous tente? Écrivez-moi à [email protected].
Mamie Julie, spécialiste de l’étiquette, comédienne en herbe, et bientôt grand-maman, marie traditions et tendances pour vous aider à naviguer avec élégance et confiance dans toutes les situations d’une génération à l’autre, tout en restant fidèle à vous-même. Julie Blais Comeau est reconnue au Québec et au Canada comme référence en étiquette, conférencière, auteure et collaboratrice média. Active, passionnée et techno, Julie saura vous guider dans tous genres de situations.