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Une Québécoise parmi l’élite mondiale de la parfumerie

«Cette journée-là, je n’ai pas été capable de travailler. Je capotais!»

Julie Marie Dorval avait toutes les raisons d’exulter. Le parfum qu’elle avait conçu, Stalactite, venait d’être sélectionné parmi les 12 finalistes du prestigieux concours Mouillette d’argent, qui se tient à Barcelone et a reçu en 2026 quelque 140 créations provenant de 32 pays. Mieux encore: elle était la seule finaliste issue du continent américain – et première Canadienne à s’y tailler une place.

Julie Marie Dorval

Un exploit d’autant plus impressionnant que rien ne prédestinait cette linguiste de formation au milieu très fermé de la parfumerie. Elle s’y est lancée en 2019 parce que sa fragrance préférée, B. Balenciaga, était discontinuée et qu’elle désirait la reconstituer!

Passionnée et entière, il faut l’être pour entrer dans cet univers en partant de zéro. «Normalement, pour travailler dans de grandes maisons, on doit étudier à Grasse, en France, de cinq à sept ans. Moi, j’ai commencé de façon autodidacte. Je suivais des ateliers de création et je tentais de rencontrer des parfumeurs, mais c’est un domaine plutôt secret, il n’y a pas vraiment de mentors, surtout ici, au Québec. Alors, j’ai lu tout ce que je pouvais, étudié, pratiqué et fait ben des niaiseries», raconte-t-elle en riant.

L’an dernier, elle a enfin ouvert son Boudoir aux arômes dans une maison ancestrale de Lévis. Elle y propose ses créations, des ateliers et des parfums personnalisés.

Sortir le patchouli de son carcan

Le thème du concours cette année était… le patchouli. Oui, cette odeur qu’on associe aux hippies. «C’était justement ça le défi, il fallait le sortir de son carcan. Mon processus est d’abord visuel. Je suis partie d’une grotte imaginaire, j’ai vu du lichen, de l’eau qui s’infiltrait dans les interstices, des rayons de soleil. Et j’ai construit ma palette de notes pour composer un parfum où le patchouli serait dominant, mais sans frapper le nez. Je l’ai travaillé de manière cristalline, ensoleillée et aquatique.»

Image créée avec l’intelligence artificielle par Julie Marie

Si le commun des mortels juge un jus à son odeur, le jury de Mouillette d’argent, lui, évalue plusieurs critères, dont la technique, la créativité, l’originalité, le sillage. Le 20 mai, la veille de son anniversaire, Julie Marie sera à Barcelone, dans la fébrilité extrême de ceux qui espèrent entendre leur nom parmi les gagnants.

Et même si elle ne remporte pas les honneurs, elle a déjà décroché quelque chose de précieux: la confirmation qu’elle est exactement à sa place.

Quand on sait qu’une Québécoise capable de créer des parfums finalistes à des concours internationaux travaille avec des matières premières rangées dans un buffet antique et conserve parfois ses essais dans des contenants stérilisés récupérés, «dont un pot de crème de champignons et des bouteilles de gin», on comprend que les grandes ambitions ne naissent pas toujours dans les laboratoires ultramodernes.

Parfois, elles commencent simplement dans une vieille maison de Lévis, nourries par le talent, l’obsession… et énormément de flair.

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