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Nirvana était québécois

Quand je suis en voiture avec mes filles, bien que j’aie le contrôle du volant, rien n’est moins sûr pour le contrôle de la musique. En tout temps, mais encore plus en vacances, alors que mes appels professionnels ne sont plus nécessaires, ce sont les cellulaires de ma progéniture qui priment dans la stratosphère des appareils raccordés à la voiture par Bluetooth. Côté musique, on s’accorde. Dans le sens que si ce sont mes filles qui choisissent la musique, tout va bien. Heureusement, elles ont bon goût.

Quand la mélodie va tout va

La musique adoucit certainement les mœurs. Quand un refrain apprécié de tous se fait entendre, ce sont les cœurs qui vibrent au même diapason. L’étoile de Earth Wind and Fire est la plus brillante, d’entre toutes quand on chante «You’re a Shining Star , no matter who you are.» Et quand George Harrison fait bourdonner son tamboura indien, que Ringo s’affaire sur sa batterie et que John et Paul entonnent Lucy in the Sky with Diamonds, c’est une chorale de tous âges qui se déclenche dans mon bolide.

La musique rassemble les générations dans un espace intemporel. Elle est le dénominateur commun de bien des familles. Elle permet de compétitionner amicalement pour celui ou celle qui entonnera le mieux la finale de clarinette dans Dixie de Harmonium. La musique m’a aussi récemment permis d’affirmer, alors que j’étais dans un état de grâce évident, que Nirvana était un groupe québécois tellement il était aimé dans la province dans les années 90 (même si je sais très bien que Seattle ne se situe pas en Montérégie!) J’étais trop heureuse que ma plus jeune trippe sur le grunge. Elle me disait que son plus grand regret était qu’elle ne pourrait jamais voir le groupe en spectacle. Pour une artiste comme moi, c’est ça le Nirvana!

(Arum)… Pour une artiste, dis-je, qui n’a pas créé depuis longtemps. À ma défense, j’ai tout de même gribouillé quelques paroles récemment et les ai sauvegardées sur un disque dur, au cas où, même si les probabilités d’en faire une œuvre sont assez faibles. D’ailleurs, côté probabilités, qui aurait pu imaginer que mon premier hit lancé en 1988, Bye Bye mon cowboy se trouverait encore dans le palmarès des 100 meilleures chansons de l’histoire du Québec aujourd’hui et que le compositeur de l’œuvre Jean-Pierre Isaac et moi aurions la fierté de voir Bye Bye en 84e position du palmarès de la fête nationale en 2022? Certainement pas moi!

La musique est le meilleur compagnon de la solitude. Je me souviens des chansons que j’écoutais à huit ans alors que je me faisais garder chez ma grand-maman à Trois-Pistoles soit celles de Cat Stevens, que le voisin faisait jouer sans arrêt, et l’album de musique baroque tout grafigné (mais excellent) que je faisais tourner dans ma chambre, la même dans laquelle ma mère avait dormi à mon âge. Nos parents nous lèguent inévitablement un héritage musical. Quand j’entends une bossa-nova brésilienne, je pense à mon papa. J’irai voir le film d’Elvis avec ma maman qui l’aime tellement. La musique est un accès privilégié et direct à notre mémoire, personnelle ou collective. Elle nous fait vibrer, que celui qui l’interprète se nomme Drake ou Kurt Cobain. Nos enfants auront des souvenirs de cet été en créant des chorégraphies sur As It Was de Harry Styles sur TikTok autant que j’ai mes propres souvenirs de danse avec mes cousines quand j’entends la voix d’Alison Moyet sur Situation (Move out). Cet été, nos souvenirs s’entrecroiseront particulièrement en entendant Running Up That Hill de Kate Bush. Sans la musique, une scène de film perd sa charge émotive. Je vous donne d’ailleurs une playliste de notre compagnie Ray-on, spécialisée dans la musique pour image. Je me pince presque tous les jours d’avoir le privilège de pouvoir être encore si près de ce que j’aime le plus au monde.

Cet été, je vous souhaite des moments de flottement divin grâce à vos chansons préférées ou celle de votre progéniture. Que vous puissiez ensemble apprécier cet art, en même temps que la beauté d’un paysage. Et quand, dans un moment de crise ou plus rien n’ira (c’est inévitable), quand les membres de votre famille auront envie de se séparer comme les membres d’un boy’s band en déclin, souvenez vous qu’une mélodie peut toujours adoucir les mœurs. Dans ces moments, soyez prudent avec votre coeur, mais ne ménagez aucun tympan!

Amour, bonheur et musique
Mitsou
xxx

Nirvana était québécois