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Je (ne) suis (pas) Superwoman

Quand une femme vit une épreuve, petite ou grande, et qu’elle y fait face relativement bien, notre réflexe est de lui dire: wow, t’es vraiment forte! Puis entre nous: Heille, c’est rough ce qu’elle vit, Superwoman! Elle est vraiment forte. Je l’ai souvent dit, en le pensant sincèrement et je me le suis fait dire tellement souvent.

J’ai une vie incroyable: une enfance heureuse, un parcours scolaire exemplaire, une adolescence remplie de souvenirs et de toutes petites folies, une progression professionnelle parsemée de mentors incroyables, de beaux apprentissages et de défis stimulants, de petites et de grandes histoires d’amour, une famille en or, des amitiés profondes, vraies et enrichissantes, et par-dessus tout une enfant bonbon: ma bébé puce, mon ti-minou, ma Stella, ma douce étoile.

J’ai eu mon lot de défis de vie, mais j’m’en suis toujours bien sortie. En vraie Superwoman.

Épingler

Depuis quelques temps, chaque fois que je vis un bump on the road et qu’on me dit: lâche pas, Moffatt, t’es forte, ça me titille. Même si je sais que c’est profondément sincère, ça m’énerve et je ne sais pas pourquoi. Je n’arrive pas à mettre le doigt sur pourquoi ça me dérange. Mais chaque fois, j’ai juste le goût de dire: mais j’ai pas le goût d’être forte. J’ai PLUS le goût d’être forte. Évidemment, je ne le dis pas. Je dis plutôt: Merci, c’est gentil! Ça va passer. J’essuie mes larmes, je me raccroche le sourire et je continue. Je me dis: Ça ne vaut pas la peine de me concentrer sur un obstacle. J’ai tellement une belle vie, je suis si bien entourée, je suis si positive… Ça va passer. C’est rien… J’essuie mes larmes, je me raccroche le sourire et je continue. Et ça passe. C’est ma recette miracle. Sans m’en rendre compte. Sans en être consciente. Et ça marche. Ça marche depuis 10 ans…

En écrivant ces lignes… je retiens de peine et de misère mes larmes, mes soubresauts. J’ai le goût de hurler, mais Stella dort. Je tremble. En même temps, mon cerveau roule à 100 miles à l’heure… Oh shit! J’suis-tu en dépression pis je ne le sais pas!!?!. Je finis mon texte en pleurant. Je l’ai commencé parce que j’avais un trop-plein d’émotions, en sachant bien que je ne me l’enverrais qu’à moi… pour m’aider à réfléchir. Il n’a pas fini avec une solution ou une note positive, comme j’en ai l’habitude. Mais je sais qu’il sera important pour moi, ce texte.

Je pleure beaucoup, puis moins, puis je suis calme. L’air passe mieux. Puis, j’me dis: ça y est! La recette embarque. Mais non. Ce soir, j’ai fait un bout de chemin incroyable. Un Ironman d’l’introspection.

Je ne suis pas en dépression, mais je ne vais pas bien. Je n’ai pas de solution, j’ai la tête à l’envers et le cœur brouillon.

Pis c’est ben parfait comme ça. Pour la première fois depuis 10 ans… Je me donne ce droit. Pis ça, c’est merveilleux.

La suite… écrite à la main. Tellement plus simple, plus instinctif.

 

15 mars 2018

Je me suis écrit ce courriel comme un «autoappel» à l’aide un mois avant que mon corps me « force » à arrêter de travailler, 2 mois avant le 10e anniversaire du décès de ma mère. Aujourd’hui, je suis en plein milieu de mon burn-out break de moi-même pis j’suis zen avec ça ou presque.❤ Pour moi, le lâcher-prise, c’est un combat quotidien (hein, matante piment?!). Il y a des fois où j’ai l’impression de me battre avec des montagnes alors que ce sont en fait de toutes petites fourmis. Aussi niaiseux que de décider si je dis oui ou non à une invitation à dîner avec une amie, si je vais au yoga ou si je fais du lavage.

Ma tête embarque et analyse trop: ben là, j’ai assez d’énergie? Je prends une grande inspiration et ça passe, puis je suis capable d’en rire (ou presque!) Pis si ça ne passe pas, c’pas grave. Ce que j’ai entre autres compris, c’est qu’un burn-out, il n’y en a pas un de pareil. Comme toute autre épreuve de la vie, on la vit à notre façon. J’vous épargne aussi tous les clichés un jour à la fois et tout le tralala, parce qu’ils sont vraiment vrais, mais on y croit juste quand on est prêt à les croire…

La vérité, ma vérité, c’est que je serai toujours (une) superwoman… C’est juste que maintenant, tranquillement, j’apprends à laisser ma cape dans le garde-robe un peu plus souvent hen, J@m!?)

Moi, j’vis le mien → mon break de cape comme j’ai toujours vécu: à 1oo miles à l’heure par bouts, dans mon lit collée avec mon chien, à rire, à pleurer, à savourer les moments avec ma fille, à prendre des détours qui semblent parfois épeurants ou inutiles, puis en chantant à tue-tête en en essayant de dormir comme un bébé.

15 avril 2018

Ce soir : veille de ce qui aurait été les 64 printemps de ma maman. Ma belle étoile. Je suis heureuse. J’ai le droit de le dire?

Parce que je le suis. Profondément. Même si personne n’y croit parce que c’est trop vite pour eux.

Malgré l’intensité et les douleurs des dernières semaines, ça me fait un bien immense d’être heureuse. Maintenant. Sans compromis. Pour moi, mais aussi pour eux.

Je me sens moi plus que jamais. Pas une poupée de porcelaine. Pas une fille parfaite. Pas une Barbie sans émotion.

Juste moi. Sûre. Douée. Vraie. Simple. Moi. Et surtout… ma plus belle leçon… J’ai ajouté à ma belle liste d’armes pacifiques: de la place à ceux que j’aime.

Je me donne le droit que je ne me donne jamais : être vulnérable, les laisser prendre soin de moi.

Parce que même
SUPERWOMAN
a besoin, a droit à,
est, veut, mérite,
cherche, trouve…

Demain ma mère aurait eu 64 printemps. Elle me fait le plus beau des cadeaux : celui d’être moi.

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