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Rencontre avec Katherine Pancol

Pourquoi on aime Katherine Pancol? Déjà, parce qu’elle écrit des livres qu’on dévore — et qui se vendent par millions — ensuite, parce qu’elle sait habilement nous embarquer dans les folles aventures de ses personnages vibrants auxquels on s’attache.

Mais Katherine Pancol, je crois qu’on l’aime aussi parce qu’elle dégage quelque chose de chaleureux et d’authentique. Vrai ou pas, qu’on aurait envie de jaser avec elle comme si on la connaissait? Son énergie rayonnante, sa prestance naturelle, l’équilibre parfait de force et de douceur qui émane d’elle… tout ça a quelque chose de rassurant… d’inspirant aussi.

Et nous, rencontrer d’autres femmes qui nous inspirent, on adore ça!

Son histoire

L’écrivaine est née au Maroc et c’est à l’âge de cinq ans qu’elle arrive en France. Elle y passe son enfance. S’ensuivent des études littéraires, un boulot comme prof de français-latin et de nombreux voyages.

La jeune femme devient journaliste un peu par hasard. Alors qu’elle travaille pour Paris Match et Cosmopolitan, un éditeur la remarque et lui suggère d’écrire un roman. Elle le fera. Il s’appellera Moi d’abord. On est en 1979 et Katherine Pancol a vingt-cinq ans.

Immense succès, mais un ciel qui lui tombe sur la tête et qui fera valser sa vie. Katherine a besoin d’évasion. C’est pour New York qu’elle s’envole, une ville où elle restera dix ans. Là-bas, elle suivra des cours d’écriture à la Columbia University et rencontrera le père de ses deux enfants, Charlotte et Clément avant de rentrer en France.

Un retour aux sources, une séparation, mais un amour pour l’écriture qui perdure. Katherine Pancol publie des livres et travaille pour la presse durant plusieurs années. Elle interviewe Reagan, Chirac ou encore Meryl Streep et se plaît à parcourir le monde, parce que tout l’intéresse… «On récolte beaucoup en observant», dit-elle. 

C’est en 2006 que le succès, le phénoménal, arrive avec Les yeux jaunes des crocodiles, 1er tome de la saga des Cortès. Traduit dans plus de 30 langues (!) et vendu à près de deux millions d’exemplaires, le roman est adapté au cinéma. 

La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi — tome 2 et 3 — suivent, ainsi que la trilogie Muchachas, qui est publiée en 2014. Même triomphe.

Trois baisers est sorti fin 2017 et c’est avec plaisir que l’on y retrouve presque tous les (nombreux) personnages des ouvrages précédents — Joséphine, Hortense, Gary, Junior… et que l’on découvre aussi de nouvelles têtes. Le roman, s’il se lit vite et facilement, fait quand même 850 pages «…parce qu’il fallait bien régler les comptes de tout le monde», lance Katherine Pancol.

Sympathique, généreuse et classe, voilà les mots qui me sont venus en tête pendant notre rencontre… qui a débuté plutôt bien puisque l’écrivaine, qui vient souvent au Québec, ne tarit pas d’éloges sur la Belle Province et ses habitants.

«J’adore le Québec. Partout, il y de l’audace, de l’imagination, de l’envie… Le mélange de cultures que l’on retrouve ici me plaît beaucoup… Il n’y aurait pas un hiver si froid, je pense que j’aurais passé deux ou trois ans à Montréal. C’est une ville où je me sens bien.»

« Vous ne ressemblez à personne : ni Français, ni Américains – plus résistants, conquérants et imaginatifs que les Français (rires), c’est vrai, non? Et bien moins conventionnels que les Américains… vous êtes vraiment à part, les Québécois, j’aime ça!»

Katherine Pancol, dans Trois baisers on retrouve presque toute la panoplie de vos personnages. Vous les avez vus grandir, évoluer, vieillir aussi. Qu’est-ce que ça fait de vivre avec tout ce monde depuis des années?

J’adore! C’est ma famille et je m’y suis attachée. Les ados, ce sont mes enfants, Stella, elle, c’est ma copine. Joséphine me fait toujours un peu languir, mais voilà… je l’aime. Je les aime tous ces personnages. Bizarrement; je ne peux pas dire qu’il y en un que je préfère.

Est-ce que vous écrivez comme une fonctionnaire?

J’écris absolument comme une fonctionnaire! Tous les jours, quoiqu’il arrive, de 14 heures à 19 heures, j’écris. Puis, je prends mon chien et je vais me balader. Après cinq heures de concentration, je suis fatiguée et j’ai besoin de m’aérer la tête…

Si l’inspiration ne vient pas… 

Eh bien j’attends que ça arrive (rires). Je reste assise et j’attends…

Vous entretenez un lien constant avec vos lecteurs en restant active sur les réseaux sociaux et vous répondez personnellement aux courriels… Qu’est-ce que cela vous fait de recevoir autant d’amour? 

Je pourrais pleurer à chaque courriel que je reçois. Honnêtement. Ce sont toujours des messages très touchants: voilà ce que votre livre m’apporte… ça m’a fait réfléchir à ça, ça a changé quelque chose dans ma vie, j’étais en pleine dépression et votre livre m’a aidé à remonter… Moi, à chaque fois, je suis émue… Pareil dans la rue, les gens sont gentils et polis. C’est beau.

Je vous cite «écrire, c’est partir à l’aventure».

Ah oui, c’est une aventure! Parce qu’au début, on embarque avec une vague idée — moi, je n’ai pas du tout de plan — puis, petit à petit, on découvre ce qu’on va dire, ce qu’on va creuser, prolonger ou emberlificoter… on change de direction… il faut faire attention aux détails aussi… Tout ça est très excitant.

Êtes-vous encore passionnée par ce que vous faites?

Je suis passionnée… je pense qu’on ne peut pas faire ce métier si on n’est pas passionné (sourire).

Vous dites avoir toujours lu. On sait que votre enfance a été un peu chaotique. La lecture a-t-elle été pour vous un refuge?

Absolument! C’était une autre maison. Je mettais mon nez dans un livre, c’était comme si je mettais un toit sur ma tête. Après, j’ai pris l’habitude de lire un peu partout et, aujourd’hui encore, j’ai toujours un livre ou deux sous la main. Quand je prends le métro ou que je fais la queue quelque part, hop, je sors mon livre de la poche et je décolle, c’est génial.

Et qu’est-ce que vous lisez? 

Je lis de tout. J’ai une passion pour Balzac et Colette, ces deux-là, je les mange! Et j’ai toujours un stylo et un papier près de moi parce que je ne peux pas lire un livre sans prendre de notes (sourire). J’en prends tout le temps!

Les personnages féminins que vous créez sont souvent des femmes courageuses, éprises de liberté, qui s’affirment. 

Est-ce facile d’être une femme en 2018? Pensez-vous que la société nous donne suffisamment de moyens pour qu’on puisse se sentir complètement libre? 

Je pense surtout que ce n’est pas à la société de nous en donner les moyens! Chacune d’entre nous doit décider, dès le départ, de se débrouiller seule. Gagner sa vie et être indépendante financièrement, c’est la base. À nous, également, de poser les limites claires de ce qu’on veut ou de ce qu’on ne veut pas, de ce qu’on accepte ou de ce qu’on n’accepte pas… trouver sa place dans la société est quelque chose d’important.

Tout ça n’est pas évident, bien sûr (sourire)… je vois bien ce qui se passe, j’ai une fille de 30 ans et je discute beaucoup avec les autres… Un moment donné, en tant que femme, on veut un enfant, puis deux… on a envie d’être avec eux… Et le travail, dans tout ça, on en fait quoi? Malgré le fait qu’aujourd’hui on peut se faire aider, certes — garderies et autres services —, il y a toujours ce sentiment de culpabilité qui persiste; on a toutes connu ça! Il y a encore du chemin à faire, mais on doit continuer à bosser et encore bosser pour pouvoir se débrouiller seule, c’est essentiel!

Vous paraissez être quelqu’un de solide. Sans parler de féminisme, avez-vous conscience que votre personnalité suscite le respect, et que vous êtes inspirante pour beaucoup de femmes? 

Vous savez, je me suis battue pour ça! D’ailleurs, je me fais souvent taxer de féministe parce qu’il y a des choses que je n’accepte pas. Je ne suis pas féministe, je me respecte! Je respecte les autres, aussi. Je ne mets pas la main au cul des mecs, moi, par exemple (rires)!

Je suis juste un être qui veut être respecté et avoir les mêmes droits que les hommes.

Katherine Pancol, vous avez deux grands enfants, une fille, l’aînée, et un garçon. Vous dites avoir découvert l’amour lorsque votre fille, alors âgée d’un an, a dit maman pour la première fois?

Quelque chose s’est ouvert en moi à ce moment-là. J’ai toujours dit à ma fille que c’est elle qui m’a fait comprendre ce qu’était l’amour. Je me suis alors rendu compte que dans ma vie j’avais été amoureuse, mais que je n’avais jamais aimé…

Deux choses bien différentes?

Totalement! Tout le monde tombe amoureux, c’est très facile. Après, ça n’a rien à voir, mais absolument rien à voir. Être amoureux et aimer, ce sont deux activités complètement différentes. C’est comme faire du piano et… faire du surf (rires).

Ayant connu la notoriété jeune, avec Moi d’abord, puis ayant fait un retour sous les feux des projecteurs pour Les yeux jaunes des crocodiles, des années plus tard, trouvez-vous que le succès est plus facile à gérer à 50 ans qu’à 25?

Connaître le succès très jeune, quand on ne s’y attend pas, c’est violent! On est convoité de partout et les gens vous voient différemment… il y a un côté isolateur aussi. Et puis, vous ne savez pas trop quoi faire avec tout ce désir qu’on vous envoie… Moi, j’ai dû m’éloigner; je suis partie vivre à New York — elle y séjourne encore régulièrement —. Alors, quand la grosse vague est arrivée avec Les crocodiles, comme j’avais déjà connu le succès auparavant, j’étais cool. J’avais aussi fait toute une mise au point avec moi-même: qui suis-je, où vais-je?

Vous étiez prête à savourer le succès et la vie? 

C’est exactement ça. A ce moment-là, j’étais prête.

Et pour finir, à quel moment vous sentez-vous pleinement heureuse?

Quand j’apprends quelque chose! J’adore ça, apprendre. Cela peut être n’importe quoi… comment pousse une plante, par exemple… du moment que j’apprends une chose par jour, je suis heureuse (sourire). Un moment passé avec quelqu’un qui me raconte une histoire ou qui me parle de sa vie, les moments de partage, ça aussi, ça me rend heureuse. J’aime les gens, les rencontres… j’aime la vie en général et je ne suis jamais blasée…

Une citation de Paul-Émile Victor que l’auteure a fait sienne: Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie.

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