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Bénédicte Brocard

Les deux soleils

Attention, ce texte arrivera peut-être à destination au bon moment.

Peut-être parce que j’ai pris un peu d’avance en terminant la radio le 14 décembre dernier, j’ai aussi un peu d’avance sur la dégringolade de fin d’année qui est systématique chez bien des gens, mais qui surprend toujours. Alors aussi bien vous en avertir au cas où vous êtes dans le même état: l’atterrissage dans le merveilleux monde des célébrations des fêtes est parfois une bumpy ride! Personnellement, cela m’a pris une semaine avant de redevenir un être humain! Avant cela, j’étais une morve, un Caliméro enrhumé, une boule de stress avec un reflet d’ordinateur dans les yeux et des épines dans le cœur.

Au moment où je vous parle, j’ai retrouvé le sourire. J’aime ma vie et mon mari et ma tête est enfin claire, mais Dieu que ça a pris du temps! Comme vous me connaissez, vous savez peut-être que la dépression automnale me guette chaque année. En 2018, elle s’est aussi transportée dans la prémisse de l’hiver et ses premières bordées de neige. Chaque fois, je ne réalise pas qu’elle est là. Je crois plutôt que c’est ma vie qui ne tourne plus rond. Même si je tente de me résonner, tout sonne faux. « J’ai une bonne job, pourtant. Une belle maison, des enfants en santé… » Mais rien n’y fait. Comme je négocie tout à la baisse dans ma tête, mon existence perd sa valeur.

J’en étais même arrivée à en vouloir à celui qui était trop en forme pour moi: mon chum. Il m’agressait avec son énergie à n’en plus finir. Il dormait 5 heures par jour et se réveillait pimpant. Je le détestais de me révéler mon propre état juste en «étant». Il était brave, rayonnant, tight comme un adonis. Sa bouille de soleil révélait ma tiédeur. Je ne suivais plus le rythme circadien de notre couple.

Le yin de son yang

L’être aimé peut devenir un miroir. Qu’on le veuille ou non, on s’y mesure, on s’y compare. Si un amoureux.se est flasque et livide, on redoublera d’énergie pour compenser. Sauf que quand l’autre semble briller plus que soi, cela n’est pas moins dérangeant. Puis il y a la différence physique entre les hommes et les femmes qui creuse parfois un sillon douloureux. Les femmes, malgré elles, suivent l’état des marées. Et ça peut être très troublant. J’aurais aimé être aussi forte que lui, mais tout ce que je pouvais me permettre à la fin de ce mois de décembre, c’était le droit à la vulnérabilité. À la lâcheté, même. Avez-vous déjà senti le besoin de sortir votre ventre, de manger du chocolat pour l’éternité et de regarder des épisodes des Kardashian jusqu’à ce que mort s’ensuive?

Bonjour, je me présente, Mitsou Gélinas.

Et peut-être n’est-ce pas si féminin ce que je le dis. Peut-être que tout le monde a ses downs et est confronté à la lumière des autres, que ce soit dans sa vie professionnelle ou personnelle. Dans ces moments, il ne faut pas jalouser ceux qui brillent, mais apprécier leurs rayons. On peut même leur demander d’être patients, de nous attendre sur le bord du fossé, ou de souffler un peu sur notre flamme pour nous aider. Et c’est peut-être ça qu’on appelle l’amour… Vivre avec l’autre ses moments de noirceur pour recréer éventuellement un spectre solaire complet.

Repos, acceptation et amour à vous tous, mais surtout, patience.

Patience de vous laisser ressentir tout ce qui vient, dans la joie comme dans les moments un peu plus gris. Ça a l’air que c’est ça aussi, la vie!

Photo couverture: Bénédicte Brocard

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