Pour être honnête, j’ai souvent eu envie de mourir lorsque j’étais enfant.
Je souffrais de phobie sociale et vivais en hypervigilance constante.
Je ne dormais pas la nuit, car je vivais trop d’anxiété. L’idée de devoir affronter l’école ou toute autre situation «normale» de la vie m’était insupportable. Et lorsque la fatigue finissait par m’emporter, je faisais des cauchemars à répétition. La plupart du temps des exorcismes. Oui, oui, comme dans le film que l’on connaît tous.
Pour certains d’entre nous, l’enfance est la période la plus difficile de notre vie. On ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi ça nous arrive, ni comment l’empêcher. On ne comprend tout simplement pas pourquoi on est différents…
Ajoutez à cela l’absence de soutien à la maison – comme ce fut mon cas – et c’est la détresse.
Aujourd’hui, quand je repense au courage qu’il me fallait juste pour monter dans l’autobus chaque matin, je me dis: wow.
Je me dis que j’étais déjà une championne. Mais bien sûr, je ne voyais pas les choses ainsi à l’époque. Il m’a fallu plusieurs décennies pour me construire une personnalité qui me permet maintenant de me sentir bien en société.
Enseigner la bienveillance et la compassion
Pendant la belle saison, j’ai vu passer les enfants d’un camp d’été devant chez moi. Chaque jour, une jeune fille marchait seule, pendant que les autres riaient et discutaient ensemble.
Ça me bouleversait. Je savais ce qu’elle vivait, et j’aurais voulu pouvoir faire quelque chose.
Je réalise que ça ne change pas. Que ça a toujours été ainsi, et que ce sera probablement toujours le cas. Malheureusement.
Il y a des enfants pour qui interagir est facile, et d’autres qui n’arrivent pas à s’intégrer. C’est pourquoi je crois qu’on devrait enseigner la bienveillance et la compassion dès le plus jeune âge.
Les enseignants devraient aussi être sensibilisés à créer un environnement qui favorise l’inclusion des enfants ayant des habiletés sociales limitées afin qu’ils ne se sentent pas anormaux ou rejetés. Car, croyez-moi, ça laisse des traces.
Encore aujourd’hui, l’école représente pour moi la plus grande épreuve de ma vie. Je me rappelle trop bien la détresse que je vivais quand le prof disait: «Bon, vous allez former des équipes…» Parce que j’étais invisible et mal dans ma peau, je n’étais jamais choisie. On m’ajoutait à la toute fin, au grand déplaisir de l’équipe qui devait m’accueillir.
Bien sûr, je n’étais pas la seule. Il y avait «le petit gros», «celui qui était mal habillé et qui ne sentait pas bon»… Vous savez comment c’est.
Heureusement, mon invisibilité m’a épargnée de l’intimidation. Je n’y aurais pas survécu.
Je me souviens toutefois d’Anne, une jeune fille que je trouvais anormalement maigre. Aujourd’hui, je réalise qu’elle devait être anorexique. Pauvre Anne, douce et gentille, qui subissait la méchanceté d’un garçon.
Un jour, Anne a cessé de prendre l’autobus. Elle n’est jamais revenue à l’école.
Pouvons-nous changer les choses?
La question que je me pose aujourd’hui est: «Pouvons-nous changer les choses?» Dans une société où les réseaux sociaux rappellent l’époque de la chasse aux sorcières. Où l’on peut aduler quelqu’un un jour et le détester le lendemain.
Le changement doit venir de l’intérieur. Du cœur de chaque personne.
Cela commence par une prise de conscience des parents, car ce sont eux les plus grands influenceurs dans la vie de leurs enfants… jusqu’à ce que d’autres influenceurs prennent le relais.
Nous devons prêcher par l’exemple.
En tant qu’adultes, il est temps de comprendre que notre façon de vivre — ce que nous pensons, disons, faisons — est le modèle que nous offrons à nos enfants.
Un jour, ils se rappelleront que maman aidait les gens dans le besoin. Que papa voyait toujours le bon côté des choses.
Un jour, ils voudront reproduire dans la vie de leurs propres enfants ce que nous leur aurons offert de plus précieux.
Jackie B. Hamilton est auteure et blogueuse en éveil de conscience. Découvrez sa bibliographie en visitant son site Web jackiebhamilton.com.
LES PROPOS EXPRIMÉS ICI N’ENGAGENT QUE L’AUTEURE ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT LE POINT DE VUE D’UN PSYCHOLOGUE OU AUTRE PROFESSIONNEL DE LA SANTÉ MENTALE.