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Tucson, en Arizona. Photo : Shutterstock

Déménager dans le désert

J’ai toujours rêvé d’aller vivre dans un autre pays. M’expatrier pour quelques années, le temps d’un contrat. Aller voir comment vit le monde ailleurs dans le monde. Pas comme quand on va en voyage. Vraiment expérimenter la routine de tous les jours. Quand chéri a reçu une offre d’emploi en Arizona, nous avons décidé de sauter à pieds joints dans cette nouvelle aventure. Troquer l’hiver pour le désert. Brasser les cartes de notre routine. Faire vivre une aventure aux enfants, les ouvrir sur le monde. Excitant! Oui mais…

Préparer son départ quand on ne sait pas encore de quoi aura l’air le point d’arrivée, ce n’est pas toujours simple. Nous avons vendu la maison, une voiture, la grande majorité de nos meubles. Nous avons dit au revoir à nos familles, amis, voisins, à l’école des enfants et à notre petite communauté. Se déraciner, c’est emballant, mais ça peut faire mal par moments. Stress, anxiété, fébrilité, excitation, tristesse, un gros amalgame d’émotions qui nous prenaient à la gorge à tour de rôle! Et nous avons tout vécu ça volontairement. J’ai peine à imaginer les gens qui doivent le faire parce qu’il y a la guerre dans leur pays ou une situation politique intenable.

Le centre-ville de Tucson. Photo : Shutterstock

Au pays de l’Oncle Donald

Même si nous avons déménagé dans un pays juste au sud du nôtre, la différence de culture nous frappe chaque jour en plein visage. Idéaux politiques, religieux, gastronomiques, ça nous surprend toujours beaucoup! Nous apprenons à ne pas juger et on se répète que nous ne sommes plus au Québec. C’est ce qui vient avec le désir de s’expatrier – ça ne peut pas être comme à la maison. Il faut apprendre à vivre autrement. Je vous avoue cependant qu’Internet, les balados, FaceTime et un VPN, ça rend la coupure avec le Québec moins difficile! Je peux continuer de regarder Infoman religieusement et on a pu écouter le Bye bye en famille comme avant.

Il y a tout de même des moments où on se sent seuls. Après l’excitation des premières semaines, quand l’école et le travail installent la routine, on commence à se sentir bien loin de chez soi et de nos habitudes. Et pas facile de les changer, ces habitudes. Juste à l’épicerie, j’ai dû me résigner : ce ne sera pas comme au Québec et certains produits sont quasi impossibles à trouver, comme l’orge, l’huile de truffe et les jus… pas sucrés dans le tapis. Même si nous sommes voisins, les standards alimentaires américains et canadiens sont bien différents! Ici, c’est le règne des plats préparés et du surgelé.

Vivre en plein cœur du désert de Sonora. Photo : Caroline Bélisle

Comment vous expliquer les différences sans tomber dans la généralité ? Dans l’État où je vis, les gens aiment Dieu, leur armée, leur pays et les fusils. Beaucoup croient que nous venons d’un pays qui frôle dangereusement le communisme et doutent fortement de l’existence des changements climatiques. C’est confrontant. Ce n’est pas toujours facile de se mordre la langue et ne rien dire. Parce que oui, c’est mon plan de match. Ne rien dire. Ne pas m’embarquer dans des débats à sens unique. Je ne changerai pas leur point de vue comme ils ne changeront pas le mien. J’ai tout de même découvert des gens très accueillants, gentils et polis. Malgré nos perspectives différentes sur plusieurs sujets, ils sont chaleureux, intéressés et posent beaucoup de questions sur notre manière de vivre au Québec et notre langue. Le français les intrigue beaucoup.

Un des nombreux exemples de slogans pro-armes visibles dans ma ville. Photo : Caroline Belisle

Bref, 2024 promet d’être une année haute en couleur socialement par ici. C’est à la fois passionnant et terrifiant. Je vous tiendrai au courant!

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