logo youtubelogo vimeologo twitterlogo rss logo instagram logo fb simplezoom 2heart 2minimal leftminimal rightcheck boldemail 84ic local printshop 24px launch 11 cart simple button playapple logo spotifylogo linkedinmirror cloud download 95logo pinterest

Tomber en humour: Isabelle Ménard et 12 humoristes racontent les hauts et les bas de l’humour!

Isabelle Ménard a découvert cette semaine qu’il lui faudrait bien plus que 24 heures dans une journée pour tout accomplir!

Mardi, son tout premier livre voyait le jour en librairies, une fierté pour l’animatrice devenue auteure. Mercredi, Isabelle invitait ses amis et sa famille au lancement de son nouveau bébé! Parmi la tonne d’entrevues accordées aux médias cette semaine, Isabelle se préparait aussi à s’envoler ce vendredi vers l’Asie pour une toute nouvelle saison de l’émission Avec ou sans cash à Évasion!

Fiouuuuuuuuuuuuuuuuuf!

J’ai eu le bonheur de m’entretenir avec l’animatrice sur la sortie de Tomber en humour – Confessions d’humoristes sur leur art, la vie et autres petites choses pas nécessairement drôles, un collectif dirigé par Isabelle où la préface est signée par Martin Petit! Dans celui-ci, 12 humoristes (Jay du Temple, Kim Lévesque-Lizotte, Medhi Bousaidan, Fabien Cloutier, Korine Côté, Mélanie Couture, Didier Lambert, Nadine Massie, Neev, Martin Perizzolo, Pierre-Bruno Rivard et Louis T.) se dévoilent à coeur ouvert sur ce qui les fait vibrer… l’humour.

Avec ton livre, tu te poses LA question: qu’est-ce que c’est au fond d’être humoriste. Veux-tu m’en parler? 

C’est une grosse question et il existe une multitude de réponses différentes. J’ai posé la question à un groupe d’humoristes et c’est un peu philosophique, mais je voulais savoir leur définition de ce qu’est un humoriste, comment on le définit. Et là, c’est parti de tous bords tous côtés: «Un humoriste, c’est quelqu’un qui gagne sa vie en faisant de l’humour», «Un humoriste, ce n’est pas nécessairement ça! C’est quelqu’un qui fait de la scène»… Bref, ça a bougé beaucoup. Jusqu’au moment où j’ai trouvé une explication qui me parlait beaucoup, celle de Charles Deschamps un des propriétaires du Bordel Comédie Club, qui disait «Il y a faire de l’humour et être un humoriste. Ce n’est pas la même chose! Faire de l’humour, c’est quelqu’un qui effectivement monte sur la scène et aime performer. Un humoriste, c’est quelqu’un dont tout le mode de vie tourne autour de l’humour et qui développe sa propre personnalité à travers ce médium-là». J’ai trouvé ça beau! Alors je te dirais que ma définition, c’est ça. C’est quelqu’un qui est complètement passionné par l’humour, quelqu’un qui se sent investi d’une mission, d’une passion, et qui a envie profondément de faire rire les gens dans toutes les facettes de son métier. 

Tu as demandé justement à des collègues et amis (12 humoristes en pleine ascension) d’analyser le métier d’humoriste pour essayer de mieux comprendre la passion qui vous habite tous. Qu’est-ce qui est sorti de ça? 

La première chose qui est ressortie, c’est que j’aime vraiment beaucoup les humoristes (rires)! Je trouve que c’est un art qui n’est pas facile, qui demande énormément de travail, c’est un art qui demande énormément de dévotion. C’est l’art de faire des sacrifices, qui demande de se péter la gueule et de remonter tout de suite sur la scène, de monter sur le ring et de continuer et continuer… J’ai trouvé ça profondément beau de voir à quel point je n’étais pas la seule qui aimait l’humour, qui voyait le potentiel, l’importance et la profondeur de tout ça. Personnellement, ça m’a encore replongé dans «le pourquoi» j’étais tombée en amour avec l’humour il y a maintenant 16 ans de ça… tous ces moments d’épiphanie… C’est particulier, c’est unique, c’est beau! J’ai aussi découvert à travers les témoignages qu’on a une brochette d’humoristes exceptionnelle au Québec. Parfois on les prend pour acquis, souvent on trouve qu’ils sont omniprésents, des fois on trouve qu’ils parlent trop, mais on oublie souvent qu’ils donnent une couleur, une teinte à notre monde, et on devrait être fiers que ce soit une des formes d’art les plus populaires ici. Parce que ça teinte toute notre société! 

Épingler

Tu dis que pour être bon en humour, il faut accepter de tomber encore et encore. Dans le fond, il faut être un peu maso?  

(Rires) En toute franchise là, je te dirais que les 10 ans où j’ai fait de l’humour, il n’y a pas une fois (ou presque) avant de monter sur la scène où je me demandais pourquoi je n’étais pas comptable, que ça serait tellement plus simple! Et par la suite je montais sur la scène, le numéro commençait, j’embarquais dans le mood, et soudainement c’était la chose la plus extraordinaire du monde. C’est ça être humoriste, c’est se mettre en danger toute seule à chaque fois. C’est-à-dire que même si ton gag est capable de marcher la veille, il ne marchera peut-être pas le lendemain, ou ne marchera peut-être plus jamais après. Il y a des techniques, il y a des façons de s’assurer que ça ne fasse pas ça, mais ça fait partie du challenge et du métier. Et tu as raison! Les humoristes, des fois, c’est des débiles mentaux (rires)! Je ne peux pas croire qu’ils y retournent encore et encore et encore… qu’ils s’imposent ça. Martin Petit m’a déjà dit: «Je ne sais pas ce que c’est un accouchement, je suis un homme, mais t’sais quand je fais un autre show, ça doit ressembler pas mal à ça là.» Parce que c’est tellement souffrant, c’est tellement de travail, on est tellement épuisés, mais on y retourne et on recommence encore! Alors il doit y avoir quelque chose dans notre tête qui fait qu’on oublie soudainement que c’est dur, que ce n’est pas facile… et qu’on recommence! Donc oui, maso, c’est un bon terme (rires)!  

Épingler

Dans tes douze amis humoristes, tu commences avec le témoignage de Kim Lizotte, qui est quand même assez poignant. Dans le fond, elle nous dit qu’être une belle femme en humour, c’est voué à l’échec. Et que finalement, elle en vient à abandonner, elle se dit qu’elle doit s’effacer pour que ses mots et idées trouvent un moyen de rejoindre le public. C’est un peu triste… cette réalité-là!

Oui… Oui et non. C’est-à-dire que Kim n’est pas juste partie pour ça… pas juste parce qu’elle était belle… Elle l’explique bien dans son texte. Ce n’est pas juste ça qui est arrivé. C’est juste que à un moment donné, elle s’est rendue compte que quand elle se cachait derrière ses textes, il y avait une très belle réponse (comme pour l’écriture de Les Simones). Pis là soudainement on a commencé à écouter quand Kim parlait, plutôt que de juste faire: «Ah! Elle est belle pis elle a toute». La beauté en humour, c’est quelque chose de très… ça attire, ça flashe, oui la télé, 90% des gens sont beaux… mais en humour, être trop beau, ça se transforme en désavantage, parce que ça coupe ta relation avec le public. Les gens ne sont pas accessibles. Les gens ont de la difficulté à communiquer avec toi. Dès que tu parles, ils ont l’impression que tu n’es pas dans le même monde, que tu n’es pas dans le même univers, dans la même stratosphère.. Quand pourtant Kim mange trois-quatre fois par jour pis parfois elle n’est pas de bonne humeur, pis des fois elle se fait chier chez le dentiste… elle a la même vie que tout le monde. Sauf qu’elle sort avec un gars populaire, elle a des amis connus, elle est successful… Donc c’est difficile de connecter avec cette fille-là… en humour. Sauf que… c’est la fille la plus drôle de l’histoire! Je persiste et je signe. Elle est extraordinairement drôle cette fille-là. Pis le jour où elle va juste se donner la peine de retourner sur la scène pour juste réaliser ce rêve-là qui lui appartient là, watch out! Parce qu’elle est HILARANTE. Elle est un Martin Matte et un Louis-José Houde réunis pour moi!

À la fin du livre tu nous racontes le moment où tu as compris que tu n’étais pas une humoriste!

Oui! En fait, ça faisait longtemps que j’essayais de défoncer les portes… mais c’était difficile. Je poussais et j’insistais, je me produisais toute seule… J’essayais fort là. Parce que moi je suis une première de classe dans la vie alors on m’a toujours dit qu’avec un peu discipline et beaucoup de volonté, tout était possible. Mais ça marchait moyen… Je me suis rendue quand même loin et je suis hyper fière de ce que j’ai fait en humour, le Girly Show et l’événement Jean-Marc Parent… et j’ai même présenté un prix aux Olivier! J’ai fait plein de choses là! Mais un moment donné, je me rappelle, on est dans un souper avec des copains humoristes… et il y a Marie-Eve Lapierre, qui travaille dans le milieu. Elle m’a juste prise dans un coin et elle m’a dit: «Isa, En route vers le Premier Gala… Est-ce que t’aimerais ça l’animer? ou le gagner?». Et là c’était soudainement clair: «Wow. Définitivement l’animer». Et elle m’a dit «Je pense que c’est ça, t’es à côté. T’es dans le bon métier, t’es dans la bonne famille! Je ne connais pas d’humoristes qui refuseraient de faire des entrevues avec toi ou de t’accorder du temps». J’étais juste juste à côté… Ce n’était pas tout à fait ça. À partir de ce moment-là, dans ma tête, c’est comme si tranquillement j’avais commencé mon deuil. Quelques mois plus tard, j’arrêtais d’être humoriste… Et je ne l’ai jamais regretté en fait!

Les filles du Girly Show

Quand tu as commencé à écrire ton livre, j’imagine que tu ne t’attendais pas à ce qu’il sorte en pleine controverse au Québec dans le monde de l’humour… 

Noooon… Pas vraiment non (rires)! Absolument pas. Je ne m’y attendais pas. C’est vraiment un drôle de timing. C’est drôle parce que dans mon intro je raconte que dans l’humour, les humoristes sont toujours pris en bloc: s’il y en a un qui s’exprime mal, tous les humoristes s’expriment mal. Il y a une fille qui se plante dans une soirée d’humour, toutes les filles ne sont pas bonnes en humour. Il y a un humoriste qui fait un gag qui est mitigé et qui se rend très loin, et finalement on se demande si l’humour va trop loin. Est-ce que les humoristes se croient tout permis? Là, c’est exactement le même principe. Il se passe des choses épouvantables, il y a des victimes d’agressions dans des histoires qui sont horribles complètement et soudainement, c’est toute l’industrie de l’humour qui est entachée. On ne peut même pas dire que Juste pour rire est bon et gentil, même si c’est l’un des plus gros festival d’humour au monde et que ça a lancé la carrière d’humoristes québécois et français et de la relève… C’est un des gros fleurons qu’on a! On ne peut pas dire ça quand on gagne un prix parce que soudainement les gens sont choqués. Parce que c’est un agresseur… UNE personne est en train d’entacher complètement toute une industrie. Exactement ce que je dis dans mon livre! On a tellement un rapport particulier d’humour, on est tellement émotifs face à l’humour qu’il suffit d’un scandale pour que tous les humoristes soient toujours entachés. Pourtant, c’est pas comme ça que ça marche dans ce milieu-là, et regarde la preuve… il y a eu trois rencontres pour justement discuter et essayer de trouver des solutions au sein de la communauté et je trouve ça au contraire très très beau parce que ça prouve que justement les gens font attention à ce qu’ils disent pis à ce qu’ils projettent. C’est particulier.. voilà. 

Est-ce que tu trouves que c’est un bon timing ou un mauvais timing finalement? 

J’ai eu peur un peu je t’avoue! Quand tout ça a commencé à sortir, je me suis dit «eh la la…»… la date butoir s’en venait très rapidement. J’ai pensé… on m’avait avertie. On m’a dit «il va falloir que tu en parles… tu es consciente qu’il va falloir que tu te commettes pour parler de ça parce qu’il n’y a personne qui va t’aborder en entrevue sans vouloir parler de ce point-là aussi»… et ils avaient raison! Cela dit, finalement, c’est un excellent timing. Parce que les douze humoristes qui ont écrit dans ce texte-là ont été sincères, profonds, ils ont osé se dévoiler et ils ont osé montrer quelque chose qu’on voit très rarement… toute la profondeur derrière le travail d’un gag, d’un numéro. Je pense que dans notre milieu, c’est une belle métaphore… Parce que oui, il y a des flashs, de l’argent, du succès et du glamour, mais il y a quelque chose d’extrêmement humain, d’extrêmement sensible, vulnérable à l’intérieur, qui est caché, qu’on n’a pas l’impression, auquel on n’a pas nécessairement accès dans la vie tout le temps. Et c’est ça qui fait la richesse de notre milieu.

Tomber en humour est publié aux Éditions Somme Toute et est disponible dès maintenant (25,95$)!

Étiquettes : , , , , , ,

Nous vous proposons

Tomber en humour: Isabelle Ménard et 12 humoristes racontent les hauts et les bas de l’humour!