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La suite de Yamaska en trois romans

Yamaska, c’est avant tout mille heures de télévision, sept saisons, plus d’un million de Québécois chaque semaine scotchés devant leur télé, dix prix Gémeaux, 132 000 fans Facebook et des personnages plus que tout attachants.

Après nous avoir tenus en haleine semaine après semaine pendant sept ans au petit écran, voilà que la série fort populaire se transporte maintenant en trois romans: Hélène, Julie et Réjanne. Chronique d’un succès? 60 000 copies ont été imprimées et se sont envolées en quelques jours depuis la sortie, si bien que les trois romans sont DÉJÀ en réimpression! La sympathique auteure, Anne Boyer, aidée de la romancière et scénariste Dominique Drouin, a imaginé le destin des trois femmes qui étaient au coeur de la série, deux ans plus tard.

Dominique Drouin et Anne Boyer

Pourquoi une suite à une télésérie en roman?

Anne Boyer: Je pense que je m’ennuyais des personnages de Yamaska et spécialement des femmes qu’ont interprétées nos trois actrices extraordinaires (Anne-Marie Cadieux, Chantal Fontaine, Élise Guilbault) pendant sept ans. J’avais le goût de les retrouver et je les ai retrouvées avec beaucoup d’affection, de tendresse, et j’espère que les gens vont les retrouver aussi de cette manière. Je souhaitais écrire des romans depuis longtemps, mais j’avais envie de faire un genre de happening pour les gens qui ont suivi Yamaska pendant sept ans. J’avais le goût que ça soit une expérience augmentée pour les lecteurs et c’est pour ça qu’on a aussi décidé de partir en tournée avec les actrices.

Quand j’ai eu l’idée de ces romans-là, évidemment j’en ai parlé à mon complice des dernières années, Michel D’Astous, mais il ne s’est pas senti appelé par l’écriture romanesque (il m’a par contre encouragée). J’avais besoin d’une partenaire et j’ai trouvé ma perle: j’ai demandé de l’aide à ma bonne amie Dominique, qui est scénariste et auteure, qui a d’ailleurs écrit la quadrilogie De mères en filles. Avec elle, je me sentais en sécurité pour mes premiers pas dans l’édition.

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Habituellement, ce sont les spectateurs qui demandent une suite, mais là, c’est vous qui arrivez avec trois romans! Ça a dû faire plaisir aux admirateurs!

Anne: Pour vrai, j’ai sondé notre page Facebook qui est encore active et populeuse et la réception a été très positive. Je me suis dit: «Pourquoi pas? Payons-nous la traite!» On a imaginé ces histoires-là ensemble, Dominique et moi on a écrit un roman chacun de notre côté en se relisant mutuellement, puis on en a écrit un à quatre mains. Ça nous a pris un peu moins d’un an! Il faut souligner que les livres ne se suivent pas, c’est un  triptyque: les trois livres se déroulent en même temps, dans le même espace temps! Par exemple, on va aborder le même repas au restaurant dans les trois livres, mais de points de vue différents.

Dominique Drouin: Il faut mentionner aussi que j’ai visionné les sept années de la série!

Anne: La folle (rires)! Elle a revu les 163 épisodes en rafale. C’est effrayant, je n’en revenais pas quand elle m’a dit ça.

Dominique: Une chance que j’aimais la série (rires)! C’était important de connaître l’univers complet de Yamaska et de m’imprégner des personnages. C’est sûr que pour moi le défi était de respecter l’esprit de la série. Je suis Anne et Michel depuis toujours, ce sont de très grands auteurs que j’aime et que j’admire, et je ne voulais pas dénaturer l’oeuvre qu’ils ont mise au monde. Je remercie la vie pour cette expérience extraordinaire qui m’est donnée, tout comme Anne et Michel pour la confiance qu’ils m’ont faite en me donnant leur bébé et me disant: «Vas-y ma grande, joue avec!»

Anne: C’était d’ailleurs un point important, ça me prenait une coauteure qui avait aimé Yamaska! Il faut accepter de se plonger, se plier aux personnages qui sont déjà là. D’une certaine façon, c’est plus facile parce qu’on n’est pas obligées d’imaginer de nouveaux personnages, parce qu’ils sont déjà là, on les a entendus parler pendant sept ans. Dans le cas de Dominique, il fallait vraiment qu’elle se plonge dans notre univers et ça a super bien été!

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On retrouve Hélène, Julie et Réjanne deux ans après la fin de la série, où sont rendues vos personnages dans leur vie?

Anne: On voulait avoir des livres qui soient différents: le livre de Hélène est une quête amoureuse, celui de Julie est une quête intérieure et le roman de Réjanne est plutôt une quête à caractère social. Je pense qu’il y en a vraiment pour tous les goûts. Pour ma première incursion dans le domaine littéraire, j’ai construit mes romans de façon hybride, comme je dirais: à mi-chemin entre un roman et une série télé. Il y a beaucoup de dialogues, beaucoup de petites parties, on a structuré ça comme une scène à scène dans une télésérie. C’est tricoté comme une ceinture fléchée! Vous allez trouver ça familier quand vous allez lire les romans, parce que vous allez ressentir un peu le feeling de la série télé.

Hélène est en train de compléter son deuil d’Étienne, elle ne croit plus à l’amour jusqu’au jour où un beau vétérinaire entre dans sa vie. Mais le jour où ils peuvent enfin vivre leur idylle, voilà qu’un terrible obstacle les sépare et jette une ombre sur leur nouvelle relation. Julie et William se retrouvent seuls dans la maison parce que Frédérick est parti étudier à Sherbrooke: c’est comme les amours renouvelés, ils sont seuls et ont bien du fun. Mais un soir, lors d’un congrès où elle est honorée, un événement tragique fait en sorte que sa vie bascule en l’espace de quelques minutes. S’ensuit une longue période de silence et de solitude, qui sème l’incompréhension autour d’elle.

Réjanne s’est toujours sentie redevable envers Haïti, le pays qui lui a donné Geoffroy, son fils adoptif. Après un voyage d’un mois à Jacmel, ce sentiment vibre encore plus fort en elle. Elle décide de mettre sur pied une fondation dans le but de reconstruire l’orphelinat qui a été détruit par le tremblement de terre, en 2010. Dans son initiative, elle croisera sur sa route Raymonde, la mère biologique de Geoffroy, qu’elle invitera au Québec dans un élan de générosité. Comme Dominique a adopté un enfant en Haïti, comme Réjanne, je trouvais ça incroyable comme hasard de la vie. C’est elle qui a écrit ce roman-là!

Pascal Darilus (Geoffroy) était présent au lancement

Est-ce qu’on peut s’attendre à une suite à cette suite, en exploitant les personnages masculins de la série?

(Anne éclate de rire) Tout le monde me demande ça! Pour vrai, on a tellement travaillé dans la dernière année, je… en plus je fais L’Heure bleue t’sais! Je veux vraiment profiter de ce moment-là… on verra, on ne sait même pas quelle réception ça va avoir encore! J’ai beaucoup d’espoir, car on y a mis tout notre coeur et on y retrouve nos personnages, j’espère vraiment que ceux qui ont aimé Yamaska vont aimer les livres. On ne connaît pas l’avenir alors on va attendre de voir. Le livre, c’est un produit de culture particulier, par les temps qui courent il s’en vend de moins en mois, mais on a trouvé une super idée pour remédier à ça: on part en tournée avec les actrices en salon du livre et pour des séances de dédicaces dans les librairies pour que les gens puissent les rencontrer… ça va être notre «world tour du Québec»! C’est sûr que les fans sont notre premier public, mais on n’est pas obligé d’avoir suivi la série pour lire les romans.

Je me souviens que lorsque j’ai écrit ma dernière scène de Réjanne il y a deux ans, je ne sais pas pourquoi j’ai ce souvenir-là, je me suis dis: «C’est terminé! Réjanne ne parlera plus jamais…» J’ai eu une espèce de peine, ça m’a pris deux jours me remettre de la fin de Yamaska comme il le faut (j’écrivais d’autres choses en même temps), j’étais très très habitée par la série et mes personnages, à tout moment. C’était comme si quelqu’un était parti en voyage et que je m’ennuyais vraiment beaucoup. Et là, tout à coup, ils reparlent, alors c’est un bonheur pour moi!

Dans les prochains jours, les auteures et les actrices parcourront des milliers de kilomètres afin de rencontrer les fans et les nouveaux lecteurs. Voici quelques confidences des actrices lors du lancement à Montréal!

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Élise Guilbault: Sincèrement, c’est contre toutes attentes. Évidemment, la condition, c’était qu’on soit toutes les trois d’accord pour embarquer dans cette nouvelle aventure; s’il y en avait eu une qui avait remis en question le projet, tout s’arrêtait. La première fois qu’Anne nous en a parlé, elle était tellement enthousiaste, qu’on a immédiatement vu l’étendue du potentiel de ramener ces femmes-là à la vie dans de nouvelles aventures. On a lu le roman lorsqu’il était encore relié, imaginez… rien n’était encore joué! C’était très très amusant de se prêter à tout ça. Ce sont des personnages qui, visiblement, ont eu une ascendance sur le public. C’est un compliment aussi d’une certaine manière, lorsque l’auteure te dit: «On n’a pas fini de parler d’elles, j’ai encore envie qu’elles soient au monde!» Moi, ça me touche!

Dans mon cas, c’est Dominique Drouin qui a écrit le livre de Réjanne, et c’est clair qu’elle a regardé tous les épisodes parce que je reconnais tous les tics, toutes les manières de réagir de Réjanne. En fait, j’ai fait la rencontre à nouveau de mon personnage… quand on décrit où elle est, sa maison, son Philou, c’est comme si je la connaissais encore sous toutes ses coutures, comme si elle existait en dehors de moi. En lisant, je me disais que j’aurais adoré interpréter certaines scènes du roman… mais bon, ça ne sera malheureusement pas possible (rires), mais ceux qui connaissent le personnage vont la voir jouer et probablement que ça sera moi qui vais apparaître dans leur tête. Je suis certaine que les fans vont tomber en amour avec les livres et vont vivre une expérience incroyable. C’est une expérience unique, vous comprendrez que d’habitude, à partir d’un roman qui existe on en fait un film ou une télésérie… et là, c’est l’inverse! On a la chance de connaître la suite de certains personnages qu’on a connus dans une télésérie que les gens ont adorée, c’est incroyable. Je ne sais même pas si c’est déjà fait, c’est une mauduss de bonne idée!

On va partir en tournée avec les auteures, en camion, avec nos photos dessus! Moi, je ne te dis pas dans quel état ça me met (rires): je n’ai pas vu encore le camion, mais je sens que je vais faire un saut. Ça va me gêner, je pense, ce sont les rockstars qui ont ça… et les politiciens. J’espère que les vitres vont être teintées sinon ça va vraiment me gêner (rires). Sans blague, on fait ça pour les fans fidèles et parce qu’on a tellement aimé nos personnages!

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Chantal Fontaine: C’est rare qu’après avoir terminé une télésérie, l’auteure vienne te revoir en te disant: «Je m’ennuie d’écrire pour vos personnages et j’ai envie de le faire d’une nouvelle façon, de façon romanesque!» Nous, qu’est-ce que tu veux, on a le beau jeu! On a un bain d’amour et on n’a rien fait pour ça (rires). On renoue avec les personnages qu’on a tant aimés, on connaît la suite de leurs aventures, on n’a pas à apprendre de textes, on a juste à être fraîches et dispos pour rencontrer nos fans. C’est super, c’est quelque chose qui n’arrive pas souvent dans une vie. C’est vraiment intéressant comme concept!

Chacune des pages du livre, c’est comme une scène. Pour les gens qui sont habitués à Yamaska,  ils vont retrouver les personnages dans leur tête, ils vont suivre et ils vont triper. Pour ceux qui connaissaient la série, elle va se poursuivre pour eux. Pour les nouveaux lecteurs, ils vont apprendre à nous découvrir!

C’est fou, on part sur la route et on s’en va de Granby à Alma pour rencontrer les fans. C’est un beau trip de filles, ça va être le fun, c’est une expérience à vivre… et en plus, on va recevoir beaucoup d’amour du public. Que demander de plus?

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Anne-Marie Cadieux: C’est l’une des premières fois où je peux assister, à la manière des spectateurs, au destin d’un personnage que j’ai joué. Le roman de Hélène est un roman d’espoir, on voit qu’elle va avancer et qu’il va lui arriver de belles choses: c’est un livre assez lumineux. C’est un projet qui est porté par un désir et ça, ça compte énormément dans la balance. Ce n’était pas calculé, Anne Boyer s’ennuyait réellement de nos personnages et voulait écrire pour eux. On a accepté d’embarquer dans l’aventure, de prêter nos visages aux livres, mais il ne faut pas se tromper, ce sont Anne et Dominique qui ont TOUT fait!

C’est drôle parce que les gens ont un rapport très intime avec les personnages de la série Yamaska, on ne sait pas ça tient à quoi. Une femme est venue me voir pour me dire qu’elle a commencé à écouter Yamaska quand son fils est né, et qu’il a maintenant sept ans, l’âge de la série! Une autre m’a même dit qu’elle écoutait l’émission avec son garçon, mais qu’il est maintenant décédé… il y a beaucoup d’attachement, on le sent encore lorsque les gens nous en parlent. Les gens nous disent qu’ils s’ennuient de la série. C’est un peu fou et c’est quelque chose d’un peu abstrait pour nous.

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Le mot de la fin d’Anne-Marie…

La suite des romans au petit écran? On ne sait pas, on espère, moi je me dis toujours: «Peut-être qu’on va la jouer la suite»… On a toujours notre petite déformation d’actrice qui fait qu’on se dit: «Ça serait le fun à jouer au petit écran!»

À suivre…

Les trois romans publiés aux Éditions de l’Homme sont disponibles dès maintenant (16,95$ chaque).

Crédit photo: Karine Paradis
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