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Audrey Béliveau

Les bienfaits de la souffrance

Souvent, quand on parle de souffrance, il y a une réaction viscérale quasi allergique qui émane de notre système. C’est compréhensible. Souffrir, qui se définit par éprouver des difficultés, de la tristesse, voire de la douleur physique ou morale, n’est pas particulièrement recherché comme expérience.

Et pourtant, tout le monde souffre. À un niveau ou un autre, consciemment ou non, personne n’échappe à la souffrance. C’est impossible de faire autrement. Qui que vous soyez, vous allez être malade à un moment ou un autre de votre vie. Un être cher va mourir. Les aléas de la vie vont se bousculer et compliquer votre existence: perte d’emploi, accident traumatique, catastrophe naturelle, chicane de famille, rupture amoureuse, etc.

En fait, la souffrance – la vraie – c’est de penser que rien de souffrant ne devrait vous arriver, que vous êtes exempt de cette réalité. Pire, que si vous souffrez d’une situation, vous ne saurez pas vous en sortir.

Pendant des années, je croyais à tort que la recherche du bonheur était un parcours empreint d’éléments qui devaient être positifs. Il fallait que ça aille bien, que ce soit facile. J’entendais beaucoup des phrases du genre: On n’a pas besoin de souffrir. On n’a pas besoin de la maladie pour évoluer. J’ai voulu croire à la psycho pop holistique du moment qui enseigne (souvent malgré elle) que non, tu n’as pas besoin de souffrir. Donc quand j’allais mal, que je souffrais, je me disais que j’avais raté ma shot.

C’est suite à une énième dépression sévère que ma perspective sur la souffrance a changé. Après un moment où j’ai carrément renié toutes mes connaissances spirituelles et holistiques, je suis revenue, petit à petit vers des livres et des enseignements plus nuancés sur la souffrance et son rôle dans notre vie: Eckhart Tolle, Jack Kornfield, Thich Nhat Hanh, le Dalai Lama, Gary Zukav, Oprah Winfrey, etc.

J’ai réalisé que la souffrance est une partie intrinsèque de la vie. C’est loin d’être nouveau comme information, mais c’était la première fois que je le ressentais comme une évidence, une vérité.

J’ai compris que la souffrance fait tout simplement partie de notre vie d’être humain: la repousser comme n’appartenant qu’aux autres n’empêchera pas sa présence. Essayer de l’éviter est une perte d’énergie incroyable et penser qu’on est sa victime nous enlève tout notre pouvoir.

J’ai ouvert ma perspective sur la souffrance. J’ai commencé à la voir d’un point de vue spirituel. Tous les grands enseignements spirituels le disent. Chacun à leur façon, mais essentiellement, ils disent ce que Pierre de Teilhard de Chardin a si simplement formulé: Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, mais des êtres spirituels vivant une expérience humaine.

Votre être spirituel (âme, essence) et votre personnalité humaine ont l’intention dans cette vie terrestre de s’aligner pour évoluer en conscience afin de vous permettre d’être le reflet le plus brillant de votre divinité universelle.

Et comment on évolue? Avec les défis, les échecs, grâce entre autres à la souffrance que l’on se permet de vivre, et surtout, de guérir. Le changement de perspective fondamental ici est de réaliser que ce qui se présente à nous sous forme de souffrance est juste parfait. Quelque part, je crois qu’il faut faire confiance et réaliser qu’on ne sait pas tout. Que ce qui nous arrive a une raison remplie de bonté et d’amour.

Il faut réaliser que vivre heureux, c’est de la job: ça implique beaucoup de choix qu’il faut assumer, plein de choses à régler. C’est quand on gère et guérit une situation souffrante qu’on s’éveille au plein potentiel de notre vie, de notre humanité spirituelle.

Je réalise maintenant que la partie du travail spirituel qui consiste à évoluer grâce à la souffrance est une glorieuse opportunité à saisir. Si on accepte le défi. Si on se laisse rentrer dedans par ce qui fait mal et qu’on réalise qu’on est capable d’en prendre. Si on se relève les manches, qu’on prend notre courage à deux mains, qu’on se rend assez vulnérable pour changer et qu’on avance avec amour pour évoluer.

De plus, j’ai réalisé que je ne pouvais pas ressentir tout l’éventail merveilleux de la joie, du bonheur, de la paix, de l’amour, etc., si je refusais ce même privilège à la colère, la peur, la tristesse, la souffrance.

Si je ne me permets pas d’explorer en profondeur tout un pan de ma nature humaine, comment puis-je m’attendre à ressentir entièrement l’autre?

La souffrance est empreinte de bienfaits, car elle nous permet de guérir et d’évoluer. On doit tout simplement se permettre de la ressentir et de prendre l’information qu’elle nous offre exactement pour ce qu’elle est: le point de départ du moment présent.

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