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Amour et affaires: prévoir la fin

Nous n’avons plus la sécurité d’emploi de nos grands-parents – ni peut-être le désir de travailler à un seul endroit pour toujours. Face à cela, de plus en plus de Québécois et de Québécoises se lancent en affaires.

En devenant leur propre patron, ils cherchent évidemment à se bâtir un patrimoine, mais aussi à obtenir une flexibilité et même un certain équilibre (si cela est possible!) dans leur vie quotidienne. Quoi de mieux pour s’ajuster aux horaires des enfants que de travailler dans son sous-sol?

Il n’est pas rare de voir des couples décider de partir en affaires ensemble – soit que le couple a rencontré l’amour dans le milieu professionnel et partage un rêve, ou bien que les deux décident que leurs habiletés sont complémentaires et constituent une recette gagnante! On partage autant le lit que le bureau… et les états financiers! Tant qu’on partage le lit conjugal, tout est beau, mais qu’arrive-t-il en cas de séparation? Ou encore si l’un des partenaires cherche d’autres défis et ne veut plus être impliqué dans l’entreprise?

Lors de la naissance de tout partenariat d’affaires, peu importe la nature de la relation entre les partenaires, il faut mettre le temps et l’énergie pour partir sur de bonnes bases. Par exemple, il faut déterminer :

  • Qui va détenir quelle portion de l’entreprise?
  • Est-ce que tous les actionnaires sont égaux?
  • Quelle est la contribution de chacun en temps, en argent, en talent?
  • Qui détient le contrôle de l’entreprise?
  • Qui prend les décisions de tous les jours, mais aussi les décisions d’affaires?

Tout cela doit être discuté et évalué. Une convention d’actionnaires doit être rédigée. Et s’il est important qu’on discute de la contribution de chacun, il faut aussi discuter du départ de chacun. Comment est-ce que cela va se faire? Qui peut partir, comment et à quel prix? Puis-je récupérer mes billes?

Des questions très importantes, encore plus prioritaires lorsque les actionnaires de l’entreprise sont aussi des partenaires conjugaux…

La rupture d’un couple est toujours difficile. Marié, il faut partager le patrimoine familial.  En union de fait, il faut partager la copropriété. Vous vous en doutez, la situation se complique lorsqu’en plus il y a une entreprise. En cas de dissolution du couple en affaires, non seulement des conseils d’un spécialiste en droit de la famille sont requis, mais en plus, il faut forcément impliquer des avocats d’affaires. La personne laissée va sentir qu’elle a perdu non seulement son amoureux et sa famille, mais aussi son entreprise. Bref, tout est remis en question, tous les rêves s’évanouissent et tout semble être perdu. C’est un terrain très fertile pour des disputes juridiques longues et pénibles, et qui dit longues et pénibles en droit dit coûteux.

Si d’autres actionnaires (qui peuvent être parfois la famille élargie) se retrouvent pris au milieu du conflit, ils seront presque forcés de prendre position pour l’un ou l’autre.  Il n’est pas rare de voir les membres de la famille se rallier autour d’un des conjoints.  Et qui dit qu’ils ne peuvent pas se rallier avec leurs actions et leur vote d’actionnaires…

Une autre difficulté s’ajoute lorsque les conjoints sont des salariés de l’entreprise.  Rares sont les conjoints qui se séparent et qui peuvent continuer d’œuvrer au sein de la même entreprise. Les relations de travail sont régies par des règles différentes que les relations amoureuses. Comment partir ou faire partir? Les recours pour harcèlement au travail et congédiement déguisé sont toujours possibles, même contre l’ex.

Et pendant tout ce temps de conflit et de litige, personne ne fonctionne très bien derrière le bureau…

Donc, il faut vraiment réfléchir avant d’embarquer dans une aventure d’affaires qui peut être prospère, oui, mais très difficile en cas de rupture.

Pensez-y donc bien.  Est-ce que je veux être actionnaire avec ma douce moitié? En tant que couple, voulons-nous tout partager – vie sociale, vie de couple, vie de famille et vie professionnelle?

Si la réponse est oui, consultez.  Avocats, comptables et fiscalistes.  Cherchez des conseils réalistes – et si parler de rupture vous effraie, abordez la situation comme si vous désiriez quitter l’entreprise pour réaliser d’autres rêves. Cela vous permettra d’être plus objectif et plus réaliste.

Soyez prospère, mais bien renseigné!

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