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Des vacances en forme de baboune

Elle a 12 ans et ma fille a déjà un «style de vacances». Son style? Une plage impeccable, un buffet et du wifi. Je le sais, elle me l’a rappelé pendant les 10 jours de notre voyage à Cuba cet été. Vous me direz que Cuba est justement le paradis des tout inclus. Le problème, c’est que j’ai fait l’ANTI tout inclus.

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Ma chum Heidi Hollinger et moi avons décidé d’emmener nos bébés respectifs (12 et 13 ans) dans un trip super cool où nous irions dans le village de Gibara (près de Holguín) pour le plus grand festival de cinéma de Cuba. Là où tous les artistes hispaniques se rassemblent pour faire rayonner leur art cinématographique, mais aussi musical et visuel. Heidi y était invitée en tant que photographe et elle allait y faire une expo. Pensez le Festival du film de Rouyn-Noranda mixé avec le Festival en chanson de Petite-Vallée.

J’ai décidé de vivre un voyage à la Heidi, mon amie exploratrice. Nous avons donc fait ce qu’elle fait depuis 30 ans, dormir dans des particulars, c’est-à-dire louer une chambre chez des gens, à 40$ la nuit.

C’était trop spécial de se lever le premier matin avec la maman et sa fille qui ne parlaient pas un mot de français ni d’anglais, mais qui nous attendaient tout sourire avec du café chaud et un délicieux déjeuner de fruits frais et d’œufs qu’elles venaient de récolter dans la cour intérieure, une gracieuseté de la poule de service et du maudit coq qui nous a réveillées à 5h du matin avec son cocoricooooooooooo! à la fenêtre de notre chambre. Ma fille a ce jour-là décidé de ne plus être végétarienne.

La plage maintenant. Ce n’était pas une plage de touristes, loin de là. C’était une plage de village. Celle où les habitants vont pour se rafraîchir, pour découvrir l’amour à 16 ans main dans la main au coucher du soleil. La plage où les gens laissent leurs bouteilles et leurs mégots de cigarette parce qu’ils ne connaissent rien de mieux et parce que les politiciens ont autre chose à faire que l’éducation et le soutien écologique. C’est pourquoi les festivaliers donnent un après-midi de leur temps à la nettoyer avant de faire la fête le premier jour à leur arrivée.

Imaginez. Ma fille déteste faire le ménage de sa chambre. La surprise qu’elle a eu quand Heidi lui a annoncé qu’on allait nettoyer la plage! Il est arrivé ce qui devait arriver: ce sont les mères qui ont ramassé!

 

«C’est pas mon genre de vacaaaaaaaances!» qu’elle me répétait en chialant sa vie. Un peu plus et elle me disait «si on était avec papa, il ne nous aurait pas laissées vivre dans un taudis avec des pouuuuuuuules.» J’avais beau expliquer à mon bébé de 12 ans à quel point elle avait de la chance de s’ouvrir à la réalité de différentes cultures, rien n’y faisait. C’est vrai que je suis la cheap du couple, que son père sait organiser des vacances VIP. Moi, je suis la fille de mes parents qui ont transformé un autobus scolaire en camper et qui sont partis faire le tour des États-Unis jusqu’au Mexique en hippies. Je suis la fille de ma mère qui, en peine d’amour, est partie avec moi, 2 ans, un packsak et une poussette en Europe, dormir dans des Kiboutz en Israël et sous un arbre en Grèce.

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À la plage ce jour-là avec ma propre fille, j’expliquais en pointant le gros arbre au bout de la plage que quand j’avais deux ans, ma mère et moi dormions sous un arbre comme celui-ci en Grèce pendant que nos vêtements séchaient sur une branche. Le matin, c’était le vendeur de yogourt qui nous réveillait en me servant une portion avec du miel délicieux. J’ai dit à ma fille qu’un jour, elle allait peut-être penser à notre voyage et en avoir un souvenir heureux.

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Cheeeeeze! Qu’il était difficile de les faire sourire. La mère photographe et l’autre blogueuse avaient peine à faire apparaître le plaisir sur pellicule. Au mieux, l’expression était négociée avec un cornet de crème glacée. Le pire, c’est que même si elle détestait ses vacances, elle aurait pu partager ses photos pour faire baver d’envie ses amis sur Instagram, mais elle n’avait malheureusement pas de wifi. Quelle déception! Elle devait s’en tenir à communiquer avec sa mère, la chum de sa mère et un autre ado aussi déçu qu’elle. J’ai eu droit à des vacances babouneuses, je ne vous dis pas!

Mais avec le temps, nous avons réussi à avoir de bons moments… Elle a joué aux cartes comme jamais elle n’avait joué dans sa vie et a découvert (je l’espère) qu’on est pas mal chanceux de vivre dans notre coin de planète. Que de prendre des marches, ce n’est pas juste pour se rendre au magasin et surtout, que sa mère a un cœur et qu’elle peut le briser plus facilement qu’elle le pense.

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Peut être qu’un jour, ma fille va dire que je l’ai fait voyager différemment et aimer le monde pour le beau et le moins beau qu’il comporte (parce que c’est vrai que c’est toujours triste de découvrir un coq mort sur le coin d’un trottoir, même si ce n’est pas lui qui t’a réveillé à 5h du matin).

Pour l’instant la question est: est-ce que je flanche? Est-ce que je m’en tiens aux vacances lisses et douces comme une glissade d’eau sous le soleil d’Acapulco où est-ce que je brasse la cage et les idées préconçues de ma progéniture jusqu’à ouverture de leurs esprits? Est-ce que des vacances sans baboune, ça existe dans les autres unités familiales?

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Merci de me répondre avant que j’organise les vacances de Noël!

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