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Demande à un chef: Nagano

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Avec Mitsou Gélinas et Stella-Rose Martin

Si vous pouviez rencontrer une idole, laquelle serait-ce? Pour ma fille Stella, c’est le chef d’orchestre Kent Nagano, qui prendra sa retraite de l’OSM à la fin de la saison. Eh oui! Il y a des soccer moms, moi je suis une classical mom! Ma fille me traîne à tous les concerts possibles, faisant mon éducation de la musique classique. C’est sa vie, elle en mange dans ses céréales le matin. Son rêve? Devenir chanteuse d’opéra et peut-être plus tard, si Dieu le veut, chef d’orchestre à son tour.

Grâce à l’équipe des communications de l’Orchestre symphonique de Montréal, nous avons réussi à avoir quelques minutes avec le Maestro de 67 ans qui a troqué le tuxedo pour le jeans pour nous rencontrer.

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Plus qu’un chef d’orchestre, nous avons eu l’impression de rencontrer un philosophe. J’ai aussi cru voir ma fille flotter sur un nuage, malgré sa nervosité. Voici le résultat juste ici!

Je sais que c’est votre mère qui vous a appris le piano. Était-ce agréable? Si c’était mère qui m’apprenait le piano, je sais que me fâcherais souvent…

Quand on apprend n’importe quoi, les parents sont un peu trop proches. C’était la même chose pour moi et les gens que je connais. Heureusement pour moi, après deux ans, ma mère m’a trouvé un vrai professeur et c’était beaucoup plus constructif.

Quelle est votre époque de musique classique préférée?

Ce n’est pas une époque, mais plutôt les grands maîtres de chaque époque. De grands compositeurs. J’ai de moins en moins de patience avec la musique qui n’est pas au niveau des grands grands maîtres. Il y a tellement de répertoires à découvrir.

Je sais que vous aimez beaucoup la composition. Pourquoi êtes-vous devenu chef d’orchestre et non compositeur? 

Il y a deux choses avec la musique, 1) c’est une langue universelle et 2) la musique est un processus. Par exemple lorsqu’on peint un tableau, à un moment l’oeuvre est terminée. Pour la musique, il n’y a pas de fin. Ça, c’est le paradoxe. On sait que notre relation avec l’oeuvre va changer. Avec notre expérience, notre perspective. On va peut-être entendre la symphonie dans un autre contexte.

Votre création à vous donc c’était de diriger ces oeuvres-là, mais la composition, est-ce important dans votre vie ou est-ce que ça le deviendra un peu plus?

Le plus beau cadeau de toutes ces années d’étude, c’est que ça m’a ouvert des portes. Grâce à cette discipline, à ces études rigoureuses,  toutes ces études en composition, ça donne une sorte de porte d’entrée au lieu d’être juste confronté à quelque chose d’étrange.

Quand vous parlez d’études, vous parlez de l’ensemble de votre carrière au cours de laquelle vous avez toujours étudié et non juste de vos études à l’école de musique?

Ce qu’on apprend au conservatoire, c’est d’être capable de poser des questions qui obligent à faire des études toute notre vie. Si on arrête, ça veut dire que soit on n’a plus d’intérêt soit on pense que l’on connait tout et ça c’est pire.

Je veux devenir chanteuse d’opéra quand je serai plus vieille. Avez-vous des conseils?

On est très chanceux les êtres humains. On est presque tous nés avec une voix. Et toutes les voix sont belles. Selon le milieu où on a grandi, la voix réagit à l’environnement social et à l’environnement physique. Les émotions et le stress l’influencent aussi. Comme c’est biologique, si on en abuse il y a des conséquences. Si j’ai un conseil, c’est de choisir le répertoire avec beaucoup de soin. Le corps humain est un miracle et il se guérit plusieurs fois, mais si on a maltraité sa voix, il y a des conséquences.

C’est drôle parce que Stella croyait que vous alliez lui dire de pratiquer encore et encore.

Ce n’est pas les heures qu’on y met qui comptent, mais ce qu’on accomplit.

Croyez-vous qu’il y a un avenir en musique pour les jeunes comme moi qui veulent faire carrière dans la musique classique?

Ça dépend comment on définit carrière. L’une des plus magnifiques carrières que j’ai connues est celle de mon professeur qui a commencé dans sa vingtaine et s’est terminée à 96 ans. Pour moi, ça c’est une grande carrière, mais il n’était pas internationalement reconnu. Il n’était pas une superstar. On peut aussi vouloir être reconnu et qu’on parle de nous dans les magazines. L’autre chose que je peux te répondre c’est on s’en fout!

«S’il y a de l’avenir pour les jeunes en musique classique? On s’en fout! Si on adore la musique, il faut en faire! Si on a cette passion, plus rien n’a d’importance». Kent Nagano

Kent Nagano a décidé de quitter en pleine gloire. L’annonce de son successeur à l’OSM n’a pas encore été faite, mais il (ou elle!) aura de bien grandes chaussures à remplir. Dans quelques mois, Nagano dédiera son temps libre à la composition, mais parions qu’il n’en restera pas là. L’homme est encore sous contrat comme directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Hambourg et n’a pas encore annoncé la suite de ses projets. Qu’à cela ne tienne, pour les musiciens et le public de l’Orchestre symphonique de Montréal, il restera notre maestro préféré longtemps encore!

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Envie d’initier vos enfants à la musique classique? Emmenez-les au Bal des enfants qui se déroulera à la Maison symphonique le 22 février prochain.  Cette année, l’OSM poursuit sa tradition en revisitant un classique de la littérature jeunesse, le conte populaire Robin des bois dans une mise en scène de Charles Dauphinais. Ce concert-spectacle festif, dirigé par Kent Nagano, est précédé d’animations et suivi d’un goûter pour tous les convives. Tous les fonds amassés iront à la mission éducative et d’accessibilité de l’OSM. Les billets sont en vente dès aujourd’hui ici : www.osm.ca/fr/bal-des-enfants

À lire: www.editionsboreal.qc.ca

Réalisation Francis Gilbert
Vidéo produite pour Mitsou Magazine
avec l’aide de MTL Grandé

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