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Catherine Trudeau plonge les jeunes dans l’univers de Réjean Ducharme

Elle a beau nous faire grincer des dents dans la série Ruptures, reste que Catherine Trudeau est l’une des comédiennes les plus sympathiques du Québec!

Pour son tout premier roman jeunesse, la belle auteure s’est inspirée de l’univers de Réjean Ducharme pour créer la jeune Bérénice pétillante et pleine de surprises, que son complice Cyril Doisneau a délicieusement mise en images. Le livre Bérénice ou la fois où j’ai presque fait la grève de tout! met en scène la petite héroïne, qui déteste tellement son prénom qu’elle menace ses parents de faire la grève de TOUT. Pourtant, ce prénom mal aimé cache un mystère extraordinaire, une clé qui lui ouvrira la porte sur le monde singulier de l’auteur fantôme. En acceptant un défi de sa mère, Bérénice découvrira ce que son prénom cache de siiiiiii fantastique…

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Catherine, ton premier roman jeunesse met en scène la petite Bérénice, qui décide d’envoyer une mise en demeure à ses parents parce qu’elle déteste son prénom. D’où t’est venue l’inspiration?

L’inspiration est vraiment arrivée de Réjean Ducharme! J’avais envie de parler de ce personnage mythique de la littérature québécoise aux jeunes. J’avoue que j’ai un peu fait le chemin à l’envers, si tu veux. Au départ, c’était un album un peu plus classique, avec des formules du genre: «Il était une fois un auteur qui s’appelait Réjean Ducharme!» Mais je trouvais que ça ne fonctionnait pas… Avec l’aide de mon éditeur, j’ai eu l’idée de créer le personnage de la petite fille, à travers qui on pourrait découvrir l’histoire de Réjean Ducharme. Le déclic fut instantané! Elle devait s’appeler Bérénice, comme le personnage de Réjean dans son roman L’Avalée des avalés… et Bérénice déteste son nom. Voilà! Le plus intéressant, c’est que si l’enfant ne se rend pas jusqu’à la fin du livre et ne lit pas la petite bio, il va peut-être même se demander si Réjean a vraiment existé! Toutefois, mon but n’est pas de faire un cours universitaire sur Réjean Ducharme, pas du tout. Je ne suis pas une spécialiste (rires)! C’était simplement le premier personnage dont j’avais envie de parler, parce que son univers, dans le domaine de l’enfance, est tellement inspirant!

À la fin du livre, tu avoues justement ta fascination pour Réjean Ducharme et tu spécifies que tu ne l’as pas connu personnellement, mais peut-être déjà croisé sans le savoir… puisqu’on ne savait pas vraiment à quoi il ressemblait!

C’est quand même fou tout ça… Son désir de passer incognito, son désir de ne pas être connu, de ne pas être sous les projecteurs, a toujours été respecté dans le milieu culturel! On ne le connaît pas, on a très peu de photos de lui… On n’a pas entendu sa voix dans les archives radiophoniques parce qu’assez tôt dans sa carrière, il a manifesté le désir de mettre les projecteurs davantage sur ses textes! Ce qui fait qu’il y a plein de gens, sans doute, qui l’ont croisé, qui le connaissent, des gens près de lui, de la famille, ses amis, mais qui ont toujours gardé secrète son identité, si on veut. Donc, oui, peut-être que je l’ai déjà croisé, peut-être que je l’ai déjà vu au théâtre… Mais je ne sais pas que c’était lui, parce qu’on ne sait pas de quoi il avait l’air, on ne sait pas s’il était grand… avait-il une barbe? Qui sait!

Radio-Canada/©Karljessy

La petite Bérénice envoie une mise en demeure à ses parents… Est-ce que ton rôle d’avocate dans la série Ruptures t’a inspirée dans l’écriture?

(Rires) Oui et non! En fait, je trouvais ça fort, l’image d’un enfant qui envoie une mise en demeure à ses parents. Ça en dévoile beaucoup sur le caractère de cette Bérénice qui n’a pas froid aux yeux! La petite Bénérice est d’ailleurs friande de séries policières et de justiciers, qu’elle regarde avec son père… qui est avocat (rires)! L’idée qu’elle envoie une mise en demeure, c’est vraiment une action d’une militante en devenir, elle est téméraire et elle en a dedans. Je voyais vraiment ça comme un geste qui était très fort de sa part! Pour que sa mère dise: «OK! Fais ta petite enquête et après on décidera si on change ton nom!» C’était une belle image pour montrer que cette petite fille-là est déterminée dans la vie. Avec sa mise en demeure, elle pense que ses parents n’auront pas le choix de changer, parce que c’est un document légal! Ce sera plutôt l’occasion pour sa mère de lui faire découvrir d’où vient ce nom-là, et elle pense qu’elle a la maturité pour comprendre pourquoi elle s’appelle comme ça. C’est le point de départ de toute cette quête-là, qui va mener Bérénice tout au fil de l’histoire.

Toi qui as donné le nom d’un peintre à l’un de tes enfants, est-ce que ça t’est déjà arrivé d’avoir une mise en demeure comme ça?

Ahhhh non (rires)! Miro aime beaucoup son prénom! En fait, je ne l’ai pas appelé comme ça d’après le peintre. C’est seulement un nom dont son père et moi aimions la sonorité. Après Élie (un prénom avec deux syllabes), on souhaitait choisir un nom aussi court pour notre deuxième fils, facile à prononcer, sans trop d’ambiguïté… Peut-être qu’à un certain moment, je vais recevoir une mise en demeure (rires), mais pour l’instant, il est très content de son prénom!

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Bérénice est un personnage qui n’est pas piqué des vers. Elle a des parents à lunettes, une chambre pas de plancher, elle a du mal à se faire des amis, elle est très expressive… et en plus, elle parle avec un langage très coloré! Est-ce que tes enfants t’ont aidée avec ton langage «cool et jeune»? Parce que tu l’as pas pire bien!

Oui, hein? C’est gentil! Écoute, c’est sûr qu’il y a eu des mots inventés. Je suis aussi allée piger dans l’univers de Réjean Ducharme pour certains mots… Sinon, j’ai toujours écrit comme ça, avec beaucoup de sonorités, des expressions qui punchent, qui nous révèlent de fortes images… beaucoup en lien avec les rythmiques, les sonorités, la musique… J’adooooore ça! Pour le reste, je n’ai pas tant que ça consulté mes garçons, sauf peut-être la fois où je leur ai demandé si Darth Vader était encore à la mode (rires). Pour le reste, ça vient de ma tête, principalement (rires)! C’est sûr que je me suis interrogée sur ce qui allait faire rire, ce qui serait drôle pour les jeunes. Quand je nomme un animal, je me demandais quel animal faisait rire mes enfants. Donc, c’est sûr que j’ai fait des choix en pensant aux jeunes lecteurs, mais après, c’est selon la personnalité de celui ou celle qui le lit. Il y a des choses qui font rire encore à 50 ans et il y a des affaires qui ne te font jamais rire. Mes enfants m’ont inspirée dans le sens où j’avais envie de leur plaire! J’ai envie de plaire à ce lectorat-là, aux jeunes! J’ai envie qu’il ait du plaisir à lire mon livre, mais tu me confirmes que les adultes ont aussi du plaisir (rires)! Des profs de l’école de mon fils l’ont aussi lu, ont aimé ça et trouvé ça drôle! Je pense que j’arrive à rallier, avec ce livre-là, plusieurs types de lecteurs!

Les illustrations du livre sont de Cyril Doisneau. Comment l’as-tu choisi?

Je connaissais Cyril, mais pas personnellement. Je connaissais ses dessins, parce qu’il dessine une série jeunesse aux Éditions La Pastèque qui s’appelle Les Parpadouffes, que mon fils aime beaucoup! Puis, j’aimais sa folie, j’aime son trait parfois très défini, parfois moins… Il y a de la folie dans ce qu’il fait, il y a beaucoup de personnalité je trouve, et j’avais besoin de retrouver tout ça dans le personnage de Bérénice. Ensemble, rapidement, on s’est entendus sur une esthétique. On aime tous les deux Jean-Jacques Sempé, qui est un illustrateur français. Rapidement, on a pensé au livre Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, qui a bercé mon adolescence. Et Cyril a un trait de crayon qui peut ressembler à ça! Donc, c’est ça qui a déterminé, dans le livre, la notion qui est un peu… qui n’est pas classique dans l’ouvrage. On souhaitait faire un objet surprenant dans l’illustration aussi, à l’image de l’histoire de cette petite fille-là. Cyril a complètement embarqué dans ce délire, qu’on a eu avec la gang de la création! C’est lui qui a proposé que le papier soit beige, couleur crème. Je trouve que ça ajoute vraiment beaucoup à la qualité littéraire de l’objet. C’est vraiment une oeuvre complète. C’est mon premier livre, dans une maison d’édition que j’aime beaucoup, qui m’a fait confiance, qui m’a magnifiquement accompagnée dans le processus de création… et il est BEAU en plus (rires)! Je suis contente de faire un beau livre, qu’on a le goût de toucher, qu’on a le goût de lire et de traîner avec nous partout! Je suis vraiment fière de mon livre et Cyril y a beaucoup contribué, il a ajouté une dimension importante à la qualité du livre avec ses dessins.

 

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Est-ce qu’on peut s’attendre à une suite des aventures de Bérénice?

C’est une belle question! Je me la suis posée d’ailleurs en écrivant… Je me demandais si je jetais des pierres un peu partout, s’il allait y avoir une suite! Effectivement, je jette une pierre! Parce qu’à la toute fin, on voit que Bérénice se dit qu’elle va peut-être aider Gonzague (le nouveau à l’école) à trouver pourquoi ses parents lui ont donné ce prénom-là. Pour l’instant, ce n’est pas dans les plans qu’il y ait une suite, mais si je trouve un filon… Il n’y a rien qui dit que ça ne pourrait pas arriver!

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi dans les prochains mois?

Je vais faire beaucoup de radio! Je suis de la belle tablée culturelle de Pas tous en même temps à ICI Radio-Canada Première, les vendredis à 19h. On traite d’une tonne de sujets et j’y suis presque toutes les semaines. Je vais aussi faire la tournée des salons du livre, bien sûr, et j’en suis vraiment fière! Puis, je suis co-porte-parole de la Fondation Maison Théâtre avec Simon Boulerice. Sinon, on peut me voir dans la toute dernière saison de Ruptures, en diffusion les lundis à 21h. Ça ressemble à ça pour l’automne! Je ne chôme pas (rires)!

Bérénice ou la fois où j’ai presque fait la grève de tout, qui paraît aux Éditions La Bagnole, est disponible dès maintenant en ligne (24,95$) et en librairie!

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