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Humour nocturne

2 h 40 du matin. Je sursaute. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Je n’ai pas fait de cauchemar. J’ai passé la nuit avec Louis-José Houde pour discuter de la vie… et de rénovations jusqu’à ce que nous nous enlacions tendrement et qu’il descende ma main vers sa fesse… et bam! Réveil brutal. Shit! Mon inconscient ne me laisse pas tranquille, même dans mes rêves!

Me voilà encore dans ce no man’s land douillet, mais sombre. Je suis entre les draps, les deux yeux grands ouverts. Il est habituellement 2, 3 ou 4 h. Trop tôt pour m’activer, mais malheureusement trop tard pour me rendormir: mon cerveau roule déjà à 100 miles à l’heure. Dites-moi s’il vous plaît où est le break à bras… Où est le piton de mon alarme interne, que je l’assomme d’un bon coup de poing?

C’est peut-être mes onze années d’animation à la radio matinale qui ont déteint sur mes habitudes. Pourtant à l’époque, qu’aurais-je donné pour rester dans les bras de morphée après le lever du soleil? Chez moi, dormir est un fantasme plus puissant que Louis-José Houde, aussi génial soit-il.

J’ai cru jusqu’à récemment que ce réflexe avait été forgé par mon amoureux qui se réveille lui-même aux aurores pour s’entraîner 6 jours semaine, mais je me rends compte que même quand il est en voyage d’affaires, mon corps est aussi matinal que le sien. Plusieurs fois dans la semaine, même souvent le week-end, je me lève comme un spring à 4h, full énergisée, prends mon ordi et déjeune en écrivant un texte ou un courriel. Je sais déjà que je serai caillot plus tard, juste après que l’adrénaline de mon show de radio redescende, j’aurai immanquablement l’envie de décéder pendant mes réunions d’après-midi et je regarderai le soleil se coucher à 18 h5 8 en me demandant quelle est l’heure légale à laquelle les parents peuvent aller se coucher aussi.

Est-ce les ordinateurs portables, le flou entre le travail et la vie personnelle qui font que je ne peux concevoir être inactive, ou est-ce plutôt mon âme d’artiste qui refuse de tempérer? En effet, enfant pas enfant, ordi pas ordi, 1989 ou 2019, j’ai toujours eu un moteur interne puissant et un peu décalé. Je me souviens de moi à 18 ans, dans ma chambre à coucher transformée en studio de peinture, créant jusqu’à trois heures du matin comme si j’étais branchée sur le 220. Un autre décalage horaire, mais assurément la même fougue.

Ma médecin m’a calmement expliqué que mon âge fait probablement des siennes. Elle raconte qu’après 40 ans, la majorité des femmes se battent contre l’insomnie pour le reste de leurs jours. Ma mère a d’ailleurs l’habitude de déjeuner vers 3h30 avant d’essayer de se rendormir…

Je feel vieille. Je me questionne sur le reste de mes jours. Devrais-je aller habiter avec les retraités qui ont le même train de vie que moi? Mon cœur me dit d’attendre. Suis-je prête à animer une autre émission matinale, tant qu’à me lever aussi tôt? Mon corps ne le supporterait probablement pas. Devrais-je partir loin pour méditer avec les moines avant d’entendre le chant du coq? Mon rêve de la nuit passée me suggère que non. Alors, quoi faire?

Je vais parler à celui que j’appelle MON Louis-José. Pas l’humoriste, mais mon feu intérieur, pour lui expliquer que même si j’aime beaucoup son débit tonique, que l’on va essayer de rester couché. Qu’on ne déclenchera aucune réflexion sur la vie, ni même les rénovations. Qu’on n’ouvrira pas l’ordi pour créer de nouvelles œuvres et que s’il veut vrrrraiment que je lui prenne une fesse, cela devra se négocier avec l’homme qui partage mes nuits, que je sois réveillée ou endormie.

Louis-José et moi lors d’un enregistrement de « La soirée est encore jeune. »

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