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Mitsou mon nom, Colette mon inspiration

À la question «quel est le livre qui a changé ma vie», je répondrais sans équivoque Mitsou de Colette. Parce que j’adore le nom du roman de Colette que mon papa a choisi pour moi à ma naissance.

Regine Mahaux pour Elle Québec

Depuis des années, je reçois en cadeau des exemplaires du livre paru il y a cent ans exactement, en 1919. À ma première lecture, alors que j’étais dans la jeune vingtaine, j’ai été bien triste de lire Mitsou, ou Comment l’esprit vient aux filles. Je trouvais niais le personnage de Mitsou, une danseuse de l’Empyrée-Montmartre qui correspond avec un Lieutenant pendant la guerre. Je cherchais pourquoi on vénérait autant Colette. C’est beaucoup plus tard que j’ai compris que la vie de l’auteure était beaucoup plus intéressante, grâce à une biographie sur l’autrice française.

Regine Mahaux pour Elle Québec

Je suis tombée sur Colette et les siennes de Dominique Bona que beaucoup plus tard, en 2017, mais j’y ai découvert un monde qui pourrait pour certaines, sembler idéal : on y est témoin des amitiés sentimentales de Colette avec ses copines à Paris à l’été 1914, pendant que les hommes étaient partis à la guerre. Pour la première fois, elles goûtent à la liberté totale. Tout doit être réinventé, mais Colette, 41 ans, alors journaliste au Matin, pionnière des pionnières, en a l’habitude. Elle a porté le pantalon bien avant Gabrielle Chanel, portait les cheveux courts et plus de corset, ce qui était infaisable à l’époque. Colette était bisexuelle, mais a eu trois maris (et une liaison avec le fils de 17 ans de l’un d’entre eux).

Alors que la guerre est déclarée, Colette alors en Bretagne laisse sa fille d’un an qu’elle surnomme Bel-gazou entre les mains de sa nounou chez sa belle-mère. Elle retourne à Paris pour travailler au Matin où elle est journaliste et reprend le Chalet de Passy, un charmant refuge couvert de vignes à l’orée du Bois de Boulogne dans le XVI arrondissement, que son mari, Henry de Jouvenel, utilisait pour recevoir ses maitresses. Elle en fait un refuge pour ses meilleures amies, toutes des brunettes romancières, journalistes ou comédiennes : Musidora (qui est devenue la première vamp du cinéma), Annie de Pène, chroniqueuse et «presque sœur» ainsi que Marguerite Moreno, comédienne. Elles sont déjà voisines, mais décident de vivre ensemble pour se sécuriser et se désennuyer. Il y règne une atmosphère de pensionnat ou de maison close, dépendant de l’heure du jour. Plus de discipline, plus d’horaire, l’intimité est parfaite. Il n’y a pas de domestiques (partis servir aussi) et plus d’hommes à qui faire le souper non plus.

 « Librement… être libre!…, Je parle tout haut pour que ce beau mot décoloré reprenne sa vie, son vol, son vert reflet d’aile sauvage et de foret ».
Colette.

Il faut lire ce livre pour découvrir un monde aussi ancien que novateur. Vous y découvrirez des autrices dont vous voudrez également lire les oeuvres et/ou les biographies. Je m’y suis plongée et n’en est peut-être jamais ressortie parce que moi aussi, j’appartiens à Colette.

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